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20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 09:57

 

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      C’est en puisant dans ses souvenirs, en interrogeant les cartes postales jaunies, en explorant quelques rares photos ou en retrouvant des papiers administratifs que Ahmed Kalouaz va remonter le fil du siècle précédent pour deviner imaginer ou inventer l’existence de ce père aujourd’hui disparu.

  Après une jeunesse en Algérie « sans école, sans jeux organisés, avec si peu de tendresse aussi », Abd el-Kader est engagé chez les tirailleurs algériens pendant le conflit de 39/45. Après un mariage par obligation, il arrive en France et suivant l’exemple de nombreux compatriotes, loue ses bras sur divers chantiers.

« Vous partiez en exil dans l’euphorie, vers l’espoir, le rêve d’un argent amassé rapidement et vous vous levez chaque matin avec l’impression d’entrer ou de sortir d’un cauchemar. »

   Il va trouver du travail dans la construction d’un barrage hydraulique afin de subvenir aux besoins de sa famille, venue le rejoindre en France, et qui s’agrandit année après année.


   Ce livre est un hommage fort et éclatant au travail et à la vie modeste du père.

Il y a une puissance dans les mots de Ahmed kalouaz qui nous bouleverse, un hymne d’amour et de reconnaissance à ce père besogneux, et courageux. Abd el- Kader personnifie cette génération sacrifiée, qui s’est battu, a combattu, a supporté les privations et la misère afin que leurs enfants s’élèvent et gravissent quelques barreaux de l’échelle sociale.

« Un changement s’opère ainsi sous tes yeux, à ton insu, et même si tu ne comprends pas ceci est ta réussite. Nous ne mendierons plus. Tes enfants aux airs ingrats, en allant vers leur vie d’hommes, tracent un nouvel avenir à ceux qu’ils auront un jour. Par le fruit de tes mains nous avons mangé, cheminé vers l’instruction. Malgré nos penchants pour l’école buissonnière, nous avons mis les mots de notre côté, poussé du pied la porte pour que s’entrouvre l’horizon. »

   Ahmed Kalouaz s’adresse directement à son papa en utilisant le « tu ». Il entame un dialogue (le premier ?) sans complaisance en évoquant l’incompréhension, la rupture qui divise ces deux générations. L’ancienne tournée vers le passé et le rêve du retour en Algérie et celle des enfants avides de modernité et qui veulent construire leur avenir en France.

   Un beau témoignage plein de respect et d'amour, une réhabilitation de ces hommes exploités par les guerres et le travail.

 

éditions du Rouergue- février 2009-

 

 

 

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Published by Fransoaz - dans roman français
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commentaires

Flora 22/11/2010 21:34


j'ai découvert ce livre récemment grâce au prix cezam : une superbe découverte ! Un livre très fort ! hélas il n'a pas gagné le prix, dommage !


Fransoaz 24/11/2010 21:28



Je n'ai lu ce livre qu'après le vote mais c'est vrai qu'il aurait fait un lauréat parfait.


La liste du nouveau prix Cezam vient d'être publiée; en as-tu eu connaissance?



Hathaway 15/11/2010 00:05


J'avais eu la chance de rencontrer l'auteur lors d'un café littéraire, c'est d'ailleurs à cette occasion que j'ai découvert ce livre, très touchant !


Fransoaz 15/11/2010 18:49



Je suppose qu'écouter Kalouaz parler de son livre est un grand plaisir.



sylire 21/10/2010 18:28


Nous devrions être bientôt fixées !


Fransoaz 21/10/2010 21:49



J'ai chaque année hâte de découvrir le nom du lauréat et la liste des livres du prix Cezam de l'année suivante.



Yv 21/10/2010 14:09


J'ai beaucoup aimé, outre l'hommage au père, exercice un peu "obligatoire" pour les écrivains, j'ai trouvé une profondeur particulière et tout un pan de notre histoire avec ces immigrés que
certains chez nous aimeraient voir partir,sans tenir compte de tout ce qu'ils nous ont apporté et qu'ils continuent d'apporter.


Fransoaz 21/10/2010 14:19



on sent bien, dans ce livre, la lente montée du racisme envers les maghrébins.



sylire 20/10/2010 19:06


J'avais beaucoup aimé également.


Fransoaz 21/10/2010 14:16



Sera t-il le gagnant du prix cezam? Il le mérite.



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