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13 juillet 2010 2 13 /07 /juillet /2010 13:09

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Devinette : Quels sont les points de rencontre entre des œuvres littéraires et les élèves d’un lycée professionnel ? Réponse : il n’y en a pas ou très peu… à moins que le professeur de français ne soit Alain Chopin.


EXTRAIT

Monsieur, ce passage, je ne le comprends pas comme vous.

   J’avais dans l’idée de donner accès à mes élèves, ici, une classe de dessinateurs industriels, quinze garçons, trois filles, à la mythologie grecque, à travers des textes plus récents, plus proches d’eux, comme Antigone d’Anouilh ou, cette fois- là, la guerre de Troie n’aura pas lieu de Giraudoux. Et puis, à la lecture en classe, déception, ça me paraît vieillot. Je me dis, ça va pas le faire. C’est trop marqué par l’époque : 1935. Ca date. Je leur parle de la seconde guerre mondiale qui éclatera quelques années plus tard. J’essaie de faire le rapport avec la pièce. Bon, c’est froid, ça démarre pas. Ennui. Regards vers les montres ou les portables. Une main se lève quand même. C’est Ludovic. Je me dis, ça y est, il va me dire qu’il a terriblement mal à la tête, qu’il doit aller chez l’infirmière d’urgence. Mais non. Monsieur, ce passage, page 132, de la scène VIII de l’acte 2 je ne le comprends pas comme vous. Il lit : « Aux approches de le guerre, tous les êtres secrètent une nouvelle sueur, tous les évènements revêtent un nouveau vernis qui est le mensonge. Tous mentent. »  Vous nous avez parlé de la seconde guerre mondiale, mais moi, je pense à la guerre en Irak. Tous mentent. Bush voulait la guerre, il avait décidé la guerre. Après, il a trouvé des prétextes, il a menti, sur les armes de destructions massives… Un autre élève lève la main, intervient, le débat s’engage, un échange de paroles vraies, l’heure est oubliée, l’infirmière aussi. La pensée circule, des poèmes d’Homère à la guerre en Irak en passant par Giraudoux. Je suis heureux.

 

   Dans ce livre Alain Chopin, enseignant en retraite, revient sur les belles rencontres qui ont jalonné sa carrière. Il n’est pas resté dans le carcan imposé des programmes et des préparations, il s’est mis à l’écoute de ses élèves. Il a su par sa posture bienveillante leur donner confiance, leur faire découvrir l’estime de soi, afin que chacun et chacune de ces adultes en devenir retire quelque chose de positif et de constructif de ses années lycée.

   Un livre à lire, à relire ( à voix haute), à offrir, à oublier, à retrouver…

 

Editions dialogues- mai 2010.

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Published by Françoise Congar - dans récits
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commentaires

Richard 28/09/2010 00:53


Ma libraire me l'a conseillé; il est sur ma table de chevet et il devrait bientôt me sauter dans les mains !
Bonne lecture !
Et au plaisir de te lire ...
Amitiés


Fransoaz 29/09/2010 14:52



Ta libraire est quelqu'un d'avisé; j'espère que les petits billets d'Alain Chopin te toucheront.



Malika 19/09/2010 16:29


J'avais été interpellé par ce livre en librairie, déjà par son titre, et par la magnifique idée de ce prof; et puis j'ai eu peur que ce soit ennuyeux à lire ...je vais peut être me laisser tenter
finalement !


Fransoaz 19/09/2010 20:58



On entre tout doucement dans cette lecture, il faut se laisser un peu de temps avant d'être au diapason avec Alain Chopin et ses petits billets.



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