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16 novembre 2013 6 16 /11 /novembre /2013 06:00

      Bjarni, ancien éleveur de brebis dans la région du nord de l'Islande est un vieil homme en fin de vie (ce n'est pas moi qui le dit c'est la petite bergeronnette). En ce mois d'août 1997, il sort de la maison de retraite dont il est maintenant pensionnaire pour s'installer pendant quelques semaines dans une chambre qui offre une vue sur des lieux familiers et emplis de souvenirs. Ce retour aux sources ravive des émotions et attise les images du passé. Deux amours ont façonné la vie simple de cet homme: sa passion d'éleveur de moutons et son adoration pour Helga, maîtresse de la ferme voisine et femme hypothétique de Hallgrímur. Bjarni est marié avec Unnur, femme revêche et frustrée qui souffre de son infécondité et agonit son mari de reproches.

 

   

     La vénération aveugle de Bjarni pour les ovins, son ardeur et son enthousiasme à palper les bêtes, manipuler leurs toisons se mélangent sans cesse avec son désir charnel pour Helga. Cet amalgame bestial donne à leur relation une brutalité, une trivialité. " Te voir nue dans les rayons de soleil était revigorant comme la vision d'une fleur sur un escarpement rocheux. Je ne connais rien qui puisse égaler la beauté de ce spectacle. La seule chose qui me vienne à l'esprit est l'arrivée de mon tracteur Farmall."  Bjarni en convient alors son propos "rase les mottes" mais ça ne l'empêche pas de continuer "Mais... pour ce qui était de faire l'amour, tu n'étais pas à la remorque."

     A l'instar d'autres lecteurs de cette lettre je ferai de l'épistolaire pour vous dire Bjarni que je vous ai trouvé indolent et lâche. Vous cachiez votre faiblesse derrière les panses rebondies des brebis et dans votre emploi de contrôleur des fourrages. Vous pratiquiez l'autosatisfaction qui vous faisait oublier Unnur et son désarroi, Helga et ses attentes. Vos envolées poétiques alternant avec vos paroles crues m'ont fait sourire mais je n'ai pas vu l'once d'un regret, d'un repentir. Je n'ai vu que votre égoïsme et votre ingratitude envers ces femmes à qui vous n'avez donné en temps, en tendresse et en amour que le quart de ce que vous consacriez à vos chers moutons! 

   La lettre à Helga aurait pu s'élever pour devenir un magnifique témoignage de la vie rurale islandaise dans les années 50. La lettre à Helga aurait pu s'emballer et devenir un hymne à l'amour passionnel et réciproque. La lettre à Helga dit l'amour de la terre, de son pays, l'ancrage des racines plus fortes que l'amour, le sacrifice de l'homme et de la femme pour préserver un idéal de vie.  La lettre à Helga est un fameux mélange des genres: elle puise dans les effets poétiques revient au parler leste et licencieux, conte des anecdotes réalistes et truculentes.

     Mais je suis restée à distance de cet élan amoureux, dubitative et sceptique quant à la sincérité de cette confession.


Je remercie les éditions Zulma et Oliver l'organisateur des matches de la rentrée Price Minister-Rakuten.

Je note d'un 13/20 cette lecture.

Lecture commune avec Midola

 

éditions Zulma - septembre 2013 -


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Published by Fransoaz - dans roman étranger
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commentaires

claire jeanne 09/01/2014 10:47

Moi, j'ai beaucoup aimé cette lettre ... Un choix qui détermine toute une vie ... ça arrive !

Fransoaz 12/01/2014 20:42



Une lettre qui aura partagé les lecteurs, on l'aime, on la déteste jamais pour les mêmes raisons.


Merci de ton passage!



Violette 02/01/2014 22:31

il fallait lire "du" et non "dû" bien sûr... vais me coucher, moi!

Fransoaz 03/01/2014 21:49



Tu as fait des folies dans la nuit?



Violette 02/01/2014 22:30

tout comme toi, je n'ai pas accroché plus que ça... j'avoue que j'ai dû mal à associer l'amour aux odeurs d'urine :-)

Fransoaz 03/01/2014 21:48



Ces petites choses heurtent quand elles sont trop souvent répétées. Ca manque d'authenticité, c'est surfait.



luocine 05/12/2013 14:56

j'ai beaucoup aimé ce roman,et oui moi aussi je retrouve l'ambiance des racontars de Riel. Mais plus que l'âme rurale c'est l'éternel masculin que j'ai retrouvé.
Et puis j'ai apprécié que l'auteur sache jusqu'au bout retenir notre intérêt .
Et enfin j'aime beaucoup les êtres qui savent reconnaître qu'ils se sont trompés c'est rare et c'est toujours émouvant. En tout cas moi ça me touche tellement plus que ceux qui croient avoir
toujours raison
Luocine

Fransoaz 05/12/2013 15:47



Tu réussirais presque à me faire changer d'avis!


Je n'ai pas vraiment trouvé que Bjarni faisait son mea culpa. Mais d'accord avec toi les gens qui font des erreurs, qui se trompent sont plus touchants et tellement plus humains!



Theoma 02/12/2013 16:18

plus le temps passe et plus je réalise que je n'ai pas aimé ce roman.

Fransoaz 05/12/2013 14:12



J'avais le sentiment de ramer à contre-courant avec un avis négatif sur certains aspects de ce livre mais finalement je ne suis pas seule sur ma barque!



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