Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 10:44

malediction.jpeg

     La petite ville de Pluto dans le Nord Dakota se situe près d’une réserve d’indiens et c’est là que se côtoient les familles, Milk, Harp, Peace et Couts.

     Ces quatre familles ont leurs destins qui se croisent et se lient depuis ce jour maudit de 1911 où une famille entière, à l’exception d’un bébé, a été décimée. Trois indiens qui se trouvaient au mauvais endroit au mauvais moment sont pendus par des fermiers blancs.

 

 

      C’est dans les années 1960 que les descendants de ces familles vont prendre la parole pour éclairer cet évènement tragique  et tenter d’en extirper sa part d’ombre.

    Dans ce roman polyphonique, Evelina est la première à se livrer, elle est la petite fille de Mooshum qui a mystérieusement échappé à la pendaison. Ce grand-père est un homme haut en couleurs et dont les histoires édulcorées remplacent la télévision.

«  Il portait des vêtements de travail de chez Sears, avachis et usés jusqu’à la trame, une paire de godillots en piteux état, et une casquette en coutil, même à l’intérieur. Ses yeux brillaient au creux de fentes profondes taillées dans son visage. La pointe de son oreille gauche manquait, ce qui lui donnait un air de guingois. Il était voûté et desséché, avec ça et là des mèches de cheveux blancs lui tombant sur les oreilles et dans le cou. De temps en temps quand il parlait nous apercevions la sombre pagaille de ses dents. »

     Le juge Antone Bazil Coutts prend le relais de Evelina . Il  revient sur l’épopée de ses ancêtres, les pionniers de la ville de Pluto.

«  Les guides se repéraient à l’étoile polaire, et le groupe s’arrêtait, désorienté, lorsque toutes les deux- trois heures des brouillards givrants les environnaient. Quand les bœufs s’arrêtaient, les Buckendorf  tombaient des traîneaux comme si on leur avait tiré dessus, et s’endormaient dans la neige. »

« Quand je regarde la ville à présent, qui s’amenuise sans grâce, je pense qu’il est bien étrange que des vies aient été perdues pour qu’elle soit créée. »

      Se succèdent ainsi "à la barre" un certain nombre d'héritiers témoins de l'histoire individuelle ou collective.

    Tour à tour les pièces de cette grande fresque s’achoppent, se superposent pour s'acheminer vers la vérité. Le passé répond au présent dévoilant la culpabilité et la peur qui ferment les visages et soudent les membres de la communauté.


     Toute tentative pour parler du livre de Louise Erdrich ne peut être que réductrice tellement l’histoire est foisonnante et multicolore. Le poids de cette injustice portée par la petite ville de Pluto est magnifiquement mis en mots par l'auteure. Le difficile métissage qui gère les relations entre blancs et indiens est subtilement décrit. La polyphonie du roman nous fait faire parfois le grand écart entre les différentes voix. L'éclectisme du récit nous surprend et nous guide après moult détours vers la dernière voix, la dernière clef.

    


traduit de l'américain par Isabelle Reinharez

Albin Michel- août 2010 -


Merci Clara pour ce vol de colombes.

challenge petit bac


Partager cet article

Repost 0
Published by Fransoaz - dans roman étranger
commenter cet article

commentaires

Géraldine 26/04/2011 21:29


j'ai d'abord un autre livre de l'auteur dans ma PAL depuis 2 ans qui est donc prioritaire devant toute autre oeuvre de Louise Ellrich


Fransoaz 27/04/2011 10:35



Peut-être que cette première lecture de l'auteure t'amènera tout naturellement ensuite vers "la malédiction des colombes".



geffroy 16/04/2011 12:48


dommage je suis prise par le prix télégramme en ce moment....mais dès que j'ai fini je penserais a le lire car tu le décris si bien, avec tant de passion qu'on ne peut qu'avoir soif (ou faim), de
lectures !
merci pour tes commentaires ! biz


Fransoaz 16/04/2011 15:03



Peut-être avais-tu toi aussi vu l'auteur présenter son livre à la grande librairie? Elle m'avait beaucoup touchée.


Cette semaine j'ai lu "le sang et la mer" de Gary Victor; un livre qui secoue, j'ai aimé.


je vais normalement continuer avec JL Coatelem.


Merci Thérèse pour ton passage, à bientôt.



Malika 13/04/2011 09:26


La chorale des maitres bouchers m'attend patiemment depuis des lustres, j'ai déjà tenté de le lire deux fois et je n'arrive pas à y entrer !!...alors celui ci va attendre un peu je crois !


Fransoaz 13/04/2011 22:12



Réserve-lui un moment privilégié: au milieu des vacances par exemple, reposée et détendue.


Euh, c'est quelque chose qui te parle?



Anne 11/04/2011 11:43


J'ai aimé... très fort ce roman, j'adore les romans polyphoniques, les secrets, les clefs à trouver... J'ai beaucoup aimé aussi La chorale des maîtres bouchers, Dernier rapport sur les miracles à
Little no horse était un peu long, mais quelle surprise à la fin !! Et il me reste heureusement dans ma PAL l'avant-dernier en français Ce qui a dévoré nos coeurs.


Fransoaz 13/04/2011 22:09



Louise Erdrich fait preuve d'une grande maîtrise pour dérouler cette histoire.


merci pour l'inventaire de ses oeuvres. Je chercherai "la chorale des maîtres bouchers" dans un premier temps.



Alex-Mot-à-Mots 07/04/2011 15:00


Une historie foisonnante et dépaysante, je suis intéressée....


Fransoaz 10/04/2011 21:05



Consacre quelques heures à ce beau roman qui remplit bien ses promesses.



Lenn Ha Dilenn

  • : Les lectures de Fransoaz
  •   Les lectures de Fransoaz
  • : Lectures et gourmandises.
  • Contact

Berr-ha-berr

 

blogoclub

Pour le premier décembre

La promesse de l'aube

Romain Gary

 

challengedesnotesetdesm

Challenge des notes et des mots

chez Anne 


Challenge Nos pépites de l'année 2014/2015

Chez Sous les galets

Barzhaz

 

Chez Asphodèle poésie du jeudi

POÉTISONS

Ar Solier