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15 novembre 2010 1 15 /11 /novembre /2010 21:47

la mer noire   

 

 

      Il est difficile de vous parler de l’histoire de Tamouna, tellement cette vieille dame incarne la simplicité tranquille. Cependant, puisqu’elle fête aujourd’hui ses 90 ans je peux vous dire que l’exil non choisi à son adolescence a marqué chaque moment de sa longue existence et qu’elle n’a jamais oublié Tamaz, l’amour de sa vie.

      En quittant la Géorgie à 15 ans, Tamouna laisse derrière elle une partie de sa famille et surtout la promesse d’une belle histoire d’amour. Avec volonté et détermination elle va prendre ses repères dans Paris et retrouver la communauté géorgienne déjà en place. Pendant ce temps la situation politique se durcit en Géorgie. Le rêve du retour à Tbilissi, où sont restés les grands parents, s’éloigne. Tamouna va devoir faire face à plusieurs drames dont la disparition de son père qui paye cher sa lutte pour l’indépendance de son pays.

  « Nous ne parlons jamais de notre père. Je hais le silence qui l’entoure, je hais le temps qui fait de lui une silhouette glissant dans des sables mouvants, je hais ma passivité. »

      Aujourd’hui, au moment où tombe le mur de Berlin, elle se prépare à la fête donnée en son honneur, elle se souvient, elle espère…

« La porte ne cesse plus de s’ouvrir et de se refermer. La pièce fourmille. Le tourbillon d’allées et venues lui rend son calme. Ils sont tous là. Ses enfants, ses petits-enfants, ses arrière-petits-enfants. Ses cousins, leurs enfants, leurs petits enfants et arrière-petits-enfants. Les maris et les femmes des uns et des autres .» 

     Je suis sensible à la fraternité, la solidarité, le soutien de cette grande famille où même les avis divergents ne réussissent à détruire les relations et les liens ; cette force est puisée dans les racines communes et le socle des traditions géorgiennes. Il règne chez ces exilés une simplicité, un naturel déconcertant malgré l’ambivalence de leur situation : ils opèrent avec justesse pour se fondre dans leur vie parisienne mais sans rien renier de leurs coutumes traditionnelles inhérentes à leur lignée géorgienne.

     L’écriture est sobre à l’image de cette vie qui se déroule. La maladie de Théa, la sœur de Tamouna, avec qui elle entretient des rapports forts et tendres, est un moment très émouvant, il est difficile de retenir ses larmes lorsque s’élèvent les chants géorgiens.

      J'ai, cependant, ressenti une certaine frustation de devoir à chaque chapitre changer d'époque, changer d'histoire. L'histoire d'amour entre Tamouna et Tamaz m'a semblé plus imaginaire qu'effective.

  La mer noire reste un magnifique roman sur l'exil.


Sabine.Wespieser-mai 2010

 

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Published by Fransoaz - dans roman étranger
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commentaires

Françoise Vasseur 21/07/2011 18:03


45 jours le pied dans le plâtre je me suis embarquée dans une tonne de livres.De tous ceux que j'ai lus c'est celui qui m'a fait le plus oublier que je ne pouvais plus marcher et qui m'a fait le
plus de bien.


Fransoaz 23/07/2011 10:53



Merci Françoise pour ta visite et ton message.


Je ne suis pas surprise que dans ta "tonne de livres" celui-ci ait réussi à te faire voyager et oublier l'immobilité de ton pied. C'est un très beau livre avec une histoire et un
personnage central qui reste longtemps dans nos pensées.


Au plaisir de te retrouver à l'occasion d'une autre lecture et peut-être un jour à la tête d'un blog. Avant le blog j'allais déjà aussi, à droite à gauche lire les différents billets et laissais
un commentaire de temps à autre.


Bonne convalescence.



Lily 20/11/2010 19:16


Je n'ai pas reçu d'explications, jusqu'à présent ...


Fransoaz 22/11/2010 18:30



Problème réglé.



Theoma 20/11/2010 12:13


Il est dans la LAL, j'ai demandé à la bib de le commander, on verra.


Fransoaz 20/11/2010 18:40



et si la bib ne répond pas il faudra voir directement avec le père Noël. Il vaut bien ça.



Lily 18/11/2010 19:44


Je l'avais remarqué ce livre, me disant qu'il me parlerait. J'aime, comme tu le soulignes, la force des racines et des traditions qui leur permet de rester unis, malgré les divergences. Peut-être
que le changement de narrateur et d'époque représente un élément important dans ce récit ... Et l'histoire d'amour, comme elle n'a pu aboutir, a du prendre des proportions qui dépassent le réel.
Cristallisation de son manque, certainement ...
A propos de Purge, cela m'intéresserait de le lire. Peux-tu m'informer par mail, STP, pour préciser les modalités. Merci ! Et bonne soirée Françoase.


Fransoaz 20/11/2010 18:35



C'est la manière trop abrupte de séparer les chapitres qui m'a dérangée. Le personnage féminin idéalise totalement son histoire d'amour en effet.


As-tu reçu les explications pour "Purge"?


Bonne soirée.



sylire 17/11/2010 22:22


J'irai le prendre samedi. Bonne fin de semaine Fransoaz !


Fransoaz 20/11/2010 18:29



Bonne lecture!



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