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7 avril 2014 1 07 /04 /avril /2014 20:32

     Le suicide d’Alexandre, 50 ans, mathématicien génial et reconnu par ses pairs plonge sa femme, Jessica, et ses deux enfants dans un dédale de doutes et d'interrogations.

      En partant d'une photo familiale falsifiée, Jessica va découvrir l'imposture d'Alexandre et remonter le fil du secret et de la double vie de son époux.

 

      Jean-Guy Soumy nomme joliment les trois parties de son roman. La première est intitulée Les cailloux blancs en référence aux indices semés par Alexandre et qui vont asseoir la quête de Jessica. Elle découvre avec stupéfaction, sur des petits bouts de papier, des vers de Armand Robin, poète méconnu auquel elle a consacrée une étude approfondie et qui ne semblait inspirer qu'indifférence chez son mari.

      La tentation du silence, est l'envie ambivalente de Jessica, soutenue par son fils aîné, d'étouffer l'affaire, de brûler leurs trouvailles pour ne pas souffrir l'opprobre devant la communauté mathématicienne à laquelle appartenait le père et de laquelle dépend aussi le fils.

      La troisième partie, Il prenait dans ses mains les lapins apeurés n'est pas celle du dénouement car le livre n'en possède pas mais celle des explications et de l'apaisement retrouvé. Elle est surtout ce moment où l'auteur avec une grande sensibilité, met en scène le second fils du couple, Lewis , jeune autiste, dans sa quête identitaire.

 

     En début de lecture Le silence est assez convenu et se présente comme une histoire ordinaire, une vie parallèle qui se dévoile sans vraies surprises. Mais l'auteur est habile et ferre le lecteur en distillant le secret d'Alexandre dans un goutte à goutte lent et méthodique de révélations surprenantes. 


      La conception artistique des mathématiques est étonnante et singulière:

"- Ils (les professeurs) dispensaient des savoirs extérieurs à eux car ils ne les avaient jamais interrogés. Jamais conquis. Ils nous conviaient à la connaissance comme à la visite d'un château, tels des guides désabusés poussant des touristes pressés d'atteindre la sortie. Pour démontrer certains théorèmes, ils passaient en force, utilisaient des pinces-monseigneur alors que moi je pensais déjà que par une compréhension plus intime, plus amoureuse, il était possible de cueillir ces fruits plutôt que de les arracher. (...)

- Se priver du rêve, c'est tarir la source."


       Une quête identitaire passionnante construite à la perfection  par un professeur de mathématiques.

 

 

Editions Robert Laffont- janvier 2013-

 

       Ce roman fait partie de la sélection du Prix des lecteurs 2014 du télégramme


 

 


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Published by Fransoaz - dans roman français
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commentaires

krol 21/04/2014 15:42

Tu rejoins complètement l'avis de Clara... Il faudrait que je le trouve à la médiathèque pour le lire...

Fransoaz 24/04/2014 16:31



Ce qui m'intéresse -de plus- pour ce livre c'est qu'il fasse partie de la sélection du télégramme (notre quotidien local) et je suis assurée que beaucoup de personnes de mon entourage le liront.
On pourra échanger nos impressions, et ça c'est parfois la moitié du bonheur de lecture!



sous les galets 20/04/2014 16:50

C'est noté, noté noté, je pense que c'est à celui là que tu faisais allusion la dernière fois...et je suis extrêmement tentée, tu sais comme j'aime les histoires d'imposture, de secrets et de
découverte...

Fransoaz 24/04/2014 16:26



Oui c'est de celui-là que je parlais. Il y a dans ce roman des choses si douces qu'on peut s'en servir comme oreiller pour les nuits d'insomnie et je ne parle pas des surprises!



Emma 14/04/2014 09:43

C'est noté, tu en parle bien.

Fransoaz 17/04/2014 20:41



Merci, j'espère que tu seras sensible à ces personnages et à leur quête.



luocine 11/04/2014 14:58

j'ai l'impression que tu n'es pas totalement conquise .
Je vais zapper j 'ai trop de retard dans mes lectures.
luocine

Fransoaz 17/04/2014 20:33



Le tout début n'est pas forcément emballant mais après le rythme s'accélère et on ne décroche plus.


Un livre beaucoup aimé certainement!



Mango 10/04/2014 08:15

Tu me donnes envie de le lire. Je viens de le noter.

Fransoaz 17/04/2014 20:32



Tant mieux car il y a des choses infiniment tendres dans ce roman. On est plein d'empathie pour les personnages.



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