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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 18:32

heures silencieuses

 

 

 

 

     « Du plus loin que je me souvienne, les histoires de marine et de négoce m’ont tenu lieu de contes, et je m’endormais bercée par les songes peuplés de navires, d’océans, d’îles, de cités lointaines, d’animaux et de peuples ordinaires »

     Très tôt Magdalena montre des prédispositions pour assister son père, riche armateur de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales. Elle est la fille aînée et supplée l’absence d’héritier masculin. Après la découverte d’actions illicites et le détournement de vivres par un employé peu scrupuleux, Magdalena gagne la confiance de son père et l’accompagne chaque jour au siège de la compagnie. Malgré son talent, ses aptitudes naturelles et évidentes, Magdalena ne succède pas à son père ; la place des femmes est, au XVIIème siècle, à la maison près des enfants, gouvernantes et autres domestiques et non sur les coursives ou dans les entrepôts. Elle épouse Peter Van Beyeren capitaine puis commandant sur les navires affrétés par la compagnie. A son mariage, il cesse les voyages pour suppléer progressivement son beau-père ; les conseils avisés de sa femme lui sont précieux dans l’exercice de sa charge.


     Gaëlle Josse s’est inspirée d’un tableau Intérieur avec une femme jouant du virginal d’Emmanuel de Witte peintre hollandais du XVIIème siècle (couverture du livre) pour imaginer la vie silencieuse de Magdalena. 

     Les heures silencieuses sont celles où Magdalena se confie en toute franchise à son journal où dans l’ambiance feutrée de sa chambre elle consigne le fond de sa pensée, ses peurs, ses frustrations, ses désirs inassouvis, ses souvenirs d’enfance exaltants ou dramatiques. La vie n’a pas épargnée cette femme encore jeune mais qui semble au crépuscule de sa vie, tellement ce monologue ressemble à un bilan, à une mise en ordre de ses affaires intimes et secrètes.

     « C’est donc à ces papiers que mon histoire s’adressera. On les trouvera à ma mort, ou ils demeureront ignorés de tous, cela m’importe peu.

      A mettre de l’ordre dans mon cœur, et un peu de paix dans mon âme, à me souvenir de joies passées et à accueillir mes peines, ils suffisent. Cela est bien. »

    Je suis entrée dans cette intimité sur la pointe des pieds, je ne voulais pas déranger la douce rêverie de cette femme. J’ai apprécié la clandestinité de ces rendez-vous où Magdalena, se retirant dans sa chambre, libère sur le papier ses sentiments profonds et sincéres.

    Avec beaucoup de délicatesse et d’élégance, Gaëlle Josse dessine le portrait d’une  femme droite et courageuse qui accepte avec résignation son destin de femme au foyer.

     Un très beau roman fin et raffiné à lire vêtu de nos plus beaux atours.


Editions autrement littératures- janvier 2011-


Je remercie Julie Zanith et Charlotte Gay des éditions autrement.

Je remercie Pierre Frémaux et Babelio pour l'opération Masse Critique.

babelio-1.jpeg

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Published by Fransoaz - dans roman français
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commentaires

Isa 13/07/2012 11:13

J'ai eu l'impression d'habiter dans le roman pendant quelques heures. J'aurais bien prolonger le plaisir !!!

Fransoaz 27/07/2012 21:57



Cette femme nous ouvre son "boudoir" intime et on s'y sent bien, on voudrait prolonger la rencontre.



lucie 10/06/2012 12:03

quelle merveille ce roman !! ton billet retranscrit mon ressenti aussi.

Fransoaz 17/06/2012 12:52



Un roman comme un bijou ou un beau vêtement qui nous sied à merveille.


Ce mois ci j'ai lu le second "Nos vies désaccordées" , peut-être en parlerais-je bientôt où alors dans une autre vie...


Bon dimanche Lucie.



unepauselivre 01/03/2012 11:10

Merci Fransoaz.

Fransoaz 01/03/2012 16:52



Ce sera avec plaisir.



unepauselivre 25/02/2012 11:13

Ton billet donne envie. Je le note il devrait faire partie des livres que j'apprécie.

Fransoaz 01/03/2012 11:05



C'est un livre voyageur par excellence, j'en suis fière et un peu jalouse. S'il rentre à la maison avant que tu ne le lises je te l'enverrai, je dois noter ça quelque part.



Anis 07/01/2012 23:15

Encore un magnifique billet sur ce livre que j'ai du coup très envie de lire.

Fransoaz 08/01/2012 18:49



Ce livre a vraiment fait l'unanimité dans mon entourage. Le portrait de cette femme, "peint" par Gaëlle Josse, est remarquable.


Ce livre continue de se promener dans la région brestoise mais je pourrais, à l'occasion, te l'expédier.



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