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5 mai 2012 6 05 /05 /mai /2012 18:19

insurrections.jpg

 

   La future délocalisation de l'usine de sidérurgie où Antoine travaille est à l'origine de la mise en RTT forcée de ses ouvriers. Les dirigeants ont choisi de produire l'acier à Monlevade au Brésil où les coûts de production sont nettement plus bas qu'en France.

   L'interruption de son travail, la fin de son histoire d'amour avec Karima et le retour chez ses parents plongent Antoine dans une longue et obscure introspection. Il entreprend une grande descente dans les tréfonds de sa mémoire à la recherche des ombres et des silences de sa vie.

   Antoine n'a jamais su se situer sur l'échiquier de la vie, il n'est jamais là où on l'attend:

« Imposteur.

Je n’ai pas les mains qui vont avec les choses.

J’ai eu beau toute ma vie essayer. Rien à faire. Il y a quelque chose qui ‘ne colle pas’ entre moi et le monde, moi et ce que je vis. Et je ne sais pas ce que c’est.

Je suis à côté. Toujours à côté. »

  Sa rencontre avec Marcel, le bouquiniste, voisin de marché de sa mère, va lui faire toucher du doigt quelque chose d’essentiel. Délesté du poids du conformisme, éclairé par la vie des autres "moi j'avais besoin de gens qui cherchent, pas de ceux qui ont l'air d'avoir déjà tout trouvé", Antoine cherche le chemin de sa rédemption.

 

  

      Antoine est devenu ouvrier, dans l'usine où travaillait déjà son père, par défaut.  Cet ovni, ce modèle réduit -comme il se qualifie lui-même- n'a pas réussi à trouver sa voix, il a la rage chevillée au corps et elle ne génère rien de positif.

    Antoine s'envole pour le Brésil afin de rencontrer les ouvriers de Monlevade, ces "voleurs de travail". Il découvre que la situation est la même qu'en France: des ouvriers reconnaissants envers Lusine mais qui se battent pour des conditions de travail décentes, des dirigeants en quête de nouveaux investissements, aiguillés par le gain et des marges toujours plus juteuses. En marge de son intérêt pour le pays et ses ouvriers il fait la connaissance d'une jeune fille,Thaïs et tombe amoureux.


     Les insurrections régulières est un livre dans l'air du temps qui s'abreuve dans la mondialisation ambiante, Jeanne Benameur écrit à la dernière page de son livre s'être inspirée de la réalité d'Arcelor-Mittal qui ferme ses ateliers en France et investit au Brésil.

     Jeanne Benameur choisit avec grand soin les mots qu'elle ordonne dans des phrases courtes et percutantes. J'ai aimé la quête identitaire de cet homme qui m'a rappelée celle d'un autre Antoine dans Les hommes sirènes. La seconde partie du roman, la partie brésilienne m'a déçue. Je n'y n'ai pas retrouvé la personnalité attachante et bienveillante de Marcel mais plutôt un instigateur peu crédible empiétant sur les plates-bandes d'Antoine.


éditions ACTES SUD - mai 2011

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Published by Fransoaz - dans roman français
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commentaires

cathe 18/05/2012 13:42

J'ai moi aussi adoré la première partie et j'ai été un peu déçue par la seconde et la fin... Mais rien que pour la 1ère partie, il faut le lire, c'est magnifique !

Fransoaz 18/05/2012 22:30



En deux lignes tu dis la même chose que moi, j'ai juste brodé un peu autour de cette évidence.



Mirontaine 16/05/2012 13:49

C'est une plume que j'aime vraiment beaucoup, pourtant je n'ai pas encore eu le temps de découvrir ce roman là...

Fransoaz 18/05/2012 22:12



L'écriture est soignée et précise, Jeanne Benameur s'applique et distille de jolies vérités.



krol 10/05/2012 19:06

Ce n'est pas mon préféré de Jeanne Benameur qui est pourtant une auteure que j'aime beaucoup.

Fransoaz 14/05/2012 20:31



J'avais aimé Les demeurés, je continuerai certainement avec d'autres titres Laver les ombres
peut-être...



orchidee 09/05/2012 13:31

j'ai plutot aimé ce jeune homme qui se cherche et l'écriture de bénameur !

Fransoaz 14/05/2012 20:29



Moi aussi mais jusqu'à un certain point de l'histoire seulement.



kathel 09/05/2012 11:14

Finalement, j'ai beaucoup aimé le début, noté des passages tellement bien écrits, mais j'ai calé lors du voyage en avion, feuilleté la suite et abandonné... mais j'avoue être dans une phase où tout
me tombe des mains ! ;-)

Fransoaz 14/05/2012 20:28



Nous sommes un peu sur la même longueur d'ondes mais je n'ai à aucun moment souhaité l'abandonner. Je te souhaite de retrouver bientôt de la lecture pétillante!



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