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5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 20:36

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     Une famille, quatre personnes, quatre histoires qui entrent en harmonie, qui s’imbriquent, qui s’opposent, qui se heurtent…

     Dans la famille Rosenmerck, il y a le père Harry qui élève des cochons en Israël (sacrilège!) Il vit séparé de sa femme Monique qui vit à Paris près d’un de leurs enfants : David. David écrit des pièces de théâtre et remplit les salles où sont jouées ses œuvres. Annabelle, sa sœur, quitte New York après une rupture amoureuse et rejoint son père en Israël,

     Dans la famille éparpillée des Rosenmerck la communication se fait par lettres ou par courriels. Mais ces échanges épistolaires ont une faille : les nombreux courriers de David à son père ne reçoivent pas de réponses. Harry n’accepte pas l’homosexualité de son fils et, malgré la pression des autres membres de sa famille, refuse de renouer les liens.


    Les terres saintes est le recueil de ces lettres échangées entre les membres de la famille et aussi entre Harry et son ami le rabbin. Cette correspondance agit comme une soupape qui permet de se livrer, se raconter, dire ses souffrances, ses espérances aussi. Au-delà des séparations affectives ou géographiques on fait encore partie de la même famille et on revisite le passé pour construire l’avenir.

    On peut déplorer l’existence de cette correspondance au détriment des « vraies » rencontres. Mais ici l’écriture libère justement la parole ; il est nécessaire pour chacun de faire le point, d’écrire sa page d’amour avant de retrouver les membres de la famille.

   C’est aussi un livre qui parle de la situation politique et religieuse d’Israël. A travers les correspondances entre Harry et le rabbin,l’auteur évoque avec franchise et lucidité le conflit israélo-palestinien:

"Je vais vous dire ce que je pense. Je pense qu'Israël a été fondé à cause, ou grâce, à cette horreur à laquelle on a donné le nom de Shoah.(...) Je pense que si vous acceptez que nous plaisantions avec ça, alors la Shoah glissera peu à peu de la douleur à l'Histoire.Et quand cette atrocité sera dans l'Histoire, alors vous ne pourrez pas vous permettre de laisser passer certains actes au nom d'Israël. Plus de murs. Plus de sens à cet état juif. Plus de porcs sur pilotis. Plus de palestiniens humiliés aux frontières. Plus de privations pour nos voisins alors que notre jeunesse s'empiffre.Plus de fusils dans le dos à la majorité. Plus de religions sur nos passeports. Plus de raison non plus que nos enfants risquent de mourir parce qu'ils ont eu le malheur de monter dans le mauvais bus pour aller à l'école dans le mauvais pays."

     J’ai lu ce beau livre d’une seule traite happée par le tourbillon de la vie des Rosenmerck. L’écriture d’Amanda Sthers est enlevée, rapide, drôle comme le sont les petits mots que l’on envoie aux gens que l’on aime et à qui on tient. La fin, dramatique, du livre nous prend à la gorge et on est tout chagrin devant la tragédie qui bouleverse cette famille.


Stock- mai 2010

 

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Published by Fransoaz - dans roman français
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commentaires

Anatole dit Boulie Bouffetout 09/12/2010 16:33


Ca me tente bien !
Ton article donne envie, même si c'est la minute people ;-)


Fransoaz 09/12/2010 20:54



Un livre qui se lit tout seul et d'une traite. Le sujet parfois grave est traité avec humour.



Yv 09/12/2010 09:26


J'ai découvert cette auteure avec Madeleine, et j'ai laissé tomber tellement ce livre est rempli de platitudes et de clichés. Ne vaut pas pour moi le tapage que l'on fait autour d'elle. Et puis,
j'ai souvenir de ces absences à répétition lors d'un jury littéraire dont j'étais -et elle aussi, en tant que professionnelle- : elle n'a jamais daigné se montrer, même pas à la soirée remise de
prix !


Fransoaz 09/12/2010 12:55



J'ai lu d'autres avis négatifs qui rejoignent le tien. Elle pense être au-dessus du lot sans doute.



Marie 08/12/2010 21:28


Pas tentée... Enfin pas pour l'instant en tous cas !


Fransoaz 09/12/2010 10:36



Si ce n'est pas le moment il faut attendre, l'oublier puis peut être y revenir un jour.



Lily 08/12/2010 07:37


Un livre dont le thème et l'extrait sont très attirants. Un jour, plus tard ... En ce qui concerne "Purge", j'ai dépassé la moitié et je trouve ce roman très fort. Pas mal d'activités ces temps-ci,
il me faudra bien encore une semaine, je pense, pour le terminer. Merci et à bientôt Françoaz !


Fransoaz 09/12/2010 10:33



Prends ton temps pour lire "Purge", ça en vaut le coup. Rien ne presse.



Valérie:) 07/12/2010 19:29


j'avais beaucoup aimé son premier livre : Ma place sur la photo, je n'ai pas lu les suivants, mais celui-ci, je le note, car ton billet donne vraiment envie de le lire.


Fransoaz 07/12/2010 21:20



Et moi je note ton titre; elle est si jeune et a déjà tant écrit!


(je crois qu'il y a aussi films et pièces de théâtre à son actif).



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