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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 12:42

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    Un couple et leurs deux enfants quittent leur appartement de banlieue pour s'installer dans le petit pavillon qu'ils ont fait construire dans un lotissement rural. Leur ambition est sage et leur rêve mesuré: une chambre par enfant, un jardin, une terrasse, des promesses de barbecue avec voisins et amis, des aménagements à faire soi-même, le chant des oiseaux et des balades dans la nature pour écouter le bruit de la rivière.

    La maladie de Mehdi, 11 ans, va bousculer le quotidien de cette famille. Les parents vont devoir réorganiser leur emploi du temps professionnel pour l'assister et lui tenir compagnie.

    C'est le papa de Medhi, à la faveur d'un long arrêt maladie, qui sera le plus présent auprès de son fils. Sa femme vient de changer de travail, elle doit faire ses preuves dans son nouvel emploi et est trop scrupuleuse pour demander un congé.


 

    Comme je boycotte  la quatrième de couverture, comme j’ai peu rencontré ce titre sur les blogs, j’ai plongé dans le livre sans savoir de quoi il s’agissait et dans quelle histoire je m’embarquais. Le nom de Brigitte Giraud sur cette couverture bleue sombre suffisait à justifier mon choix. Lorsque j’ai réalisé que le sujet allait plomber mon moral, il était trop tard pour interrompre ma lecture. Pas d'inquiétude ignore le découpage en chapitres et ne favorise pas les pauses. Alors j’ai continué car l’écriture est belle, le ton est juste et ce papa garde-malade avec ses faiblesses, ses questions, ses doutes et sa rébellion est touchant et sincère. C'est lui qui prend la parole pour dire le séisme qui s'abat sur sa famille.

    "Ce fut la première soirée pas comme les autres. Un convive sans nom s’était invité à notre table, disons que la maladie devint le nouveau membre de notre famille."

       Ce n'est pas un énième roman sur le cancer, les séjours en hôpitaux, les examens médicaux, la perte de cheveux ou la chambre stérile. La maladie est omniprésente mais plutôt comme un décor discret et sur lequel butent et se chahutent quatre vies. Brigitte Giraud axe son roman sur le désarroi du père qui délaisse son travail pour devenir garde-malade à temps plein, sur l'impact de ce congé sur la hiérarchie et les collègues de travail. La mère de Mehdi est obnubilée par sa réussite professionnelle, torturée entre son travail où elle veut gagner la confiance de ses pairs et celui de sa famille où elle ne réussit pas à s'investir. Lisa, la grande soeur alterne des moments de grande complicité avec son frère et des moments de révolte dirigée vers ses parents. Medhi partage encore quelques moments priviliégés avec son papa lors de randonnées à Vespa mais il est de plus en plus faible et apathique.

    Chacun vit ses frustrations dans des mondes parrallèles et ne se rencontrent presque plus.

" J'ignorais finalement ce que c'était qu'être parents. Etait-ce cette chose monstrueuse qui consiste à faire croire qu'on sait alors qu'on est submergé, qui consiste à guider tous feux éteints?"

     Brigitte Giraud réussit avec simplicité à placer le lecteur au centre de cette famille et de ces turbulences. On ne prend parti pour aucun des personnages et on tente de se mettre à leur place pour mieux comprendre leurs tensions, leur exaspération , leur détresse. On déplore une législation du travail incomplète qui ne favorise pas l'accompagnement des grands malades. Pas d'inquiétude rend aussi hommage aux professionnels de la santé, à leur patience, leur écoute et leur disponibilité.

éditions Stock- août 2011.

  

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Published by Fransoaz - dans roman français
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commentaires

clara 14/12/2011 20:34

Un coup de cœur entier et sincère pour moi !

Fransoaz 15/12/2011 11:46



Les grandes eaux de la fin étaient superflues à mon sens (il y en avait assez déjà dans mes yeux!). Un bémol infime.



Marie 12/12/2011 13:59

Tu ne me convaincras pas pour ce titre. Peut-être parce que j'ai envie d'oublier autant que possible que la maladie aime aussi rôder autour des plus jeunes. Peut-être parce que j'ai testé les
milieux hospitaliers pour les enfants : compétents mais sans écoute, ni chaleur, ni prise en compte des peurs et douleurs des enfants. Peut-être parce que maintenant tout va bien et j'ai envie
d'oublier ces atmosphères angoissantes.

Fransoaz 12/12/2011 21:05



Même si ici on ne traîne pas dans les couloirs et les chambres de l'hôpital la santé défaillante de ce jeune est présente tout au long du livre. Ca peut devenir douloureux quand ça renvoie à des
expériences personnelles.


Je peux comprendre ton rejet.



Yv 30/11/2011 12:15

Je boycotte aussi souvent les 4èmes de couverture. J'ai lu ce livre pour le Prix France télévision : j'ai bien aimé, mais il est un peu long et répétitif parfois, c'est pour cela qu'il n'était pas
dans mes deux favoris (troisième seulement, c'est d'ailleurs à cette place qu'il est arrivé)

Fransoaz 01/12/2011 12:38



La toute fin du livre ne m'a pas semblé indispensable, il y avait déjà assez à gérer et ce n'était pas la peine d'en faire une Famille modèle!


Troisième place est tout à fait honorable.



Gwenaelle 30/11/2011 09:20

Même si l'écriture est belle, le sujet me rebute absolument... Le prochain peut-être? :-)

Fransoaz 01/12/2011 12:35



On ne peut pas se forcer à entrer dans un sujet si douloureux.



Alex-Mot-à-Mots 29/11/2011 13:56

Voilà un roman qui a l'air intéressant dans sa façon de traiter le sujet.

Fransoaz 01/12/2011 12:34



J'ai trouvé passionnant et original l'angle social choisi par l'auteure.



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