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1 juin 2014 7 01 /06 /juin /2014 08:30

reparer-les-vivants.jpg     En surfant sur la vague Simon vit des moments inouïs de peur, de jouissance et d'excitation extrême; il est un orfèvre de la vague, il sait la choisir et l'appréhender pour atteindre des sensations vertigineuses et transcendantes. Il partage cette drogue dure avec ses potes Chris et Johan. De retour d'une session très matinale, la camionnette conduite par son ami Chris percute un poteau, Simon n'a pas de ceinture et cogne violemment dans le pare-brise. Il ne survivra pas à  l'accident.

      Ses parents, Marianne et Sean sont alors placés face à ce dilemme jamais envisagé: le don (ou refus du don) à la médecine, des organes de leur fils.

 

     Réparer les vivants est l'histoire d'un cœur, "la boîte noire" du corps: le muscle cardiaque qui permet la vie mais aussi le cœur, symbole de la vie affective et amoureuse. Le cœur de Simon est le personnage principal de cette histoire de transplantation. Le parcours de ce cœur, entre le donneur et le receveur, ressemble à une course-relais où tous les relayeurs (les parents, le personnel médical) œuvrent pour faciliter le passage du témoin afin qu'il arrive dans les meilleurs conditions jusqu'au receveur.

    Le privilège du lecteur est de connaître toute la chaîne tissée par ce cœur, du receveur au donneur; la fiction permet de lever l'anonymat qui est de mise, habituellement, dans les dons d'organes.

 

      C'est un livre aux multiples qualités. L'urgence de la transplantation donne du rythme, du souffle au texte, le cœur continue de battre entre les lignes. L'écriture de Maylis de Kerangall est créative et s'adapte sans cesse pour évoquer tour à tour la virtuosité des chevaucheurs de vague, la douleur crue et insoutenable des parents, la solennité lors de la demande de dons ou le jargon en usage entre techniciens de la greffe.

     Le lecteur fréquente les coulisses de l'hôpital, entre au bloc au moment de la transplantation des organes, là où s'écrit un moment de grand réalisme, un travail de haute précision et de finesse: le "pinceau du calligraphe japonais, (l') amortie du tennisman". Le lecteur pénètre aussi dans les vies privées, les réflexions intimes des parents de Simon, de l'infirmier coordonnateur, du chirurgien et c'est le dosage de cet équilibre entre réalité et fiction, entre documentaire et roman qui épate et mobilise.

     Réparer les vivants emporte le lecteur dans une course vitale avec toujours le souci de considérer, ménager, respecter, "réparer" les vivants!

 

 

Editions Verticales -février 2014-

 

 

     Une lecture commune proposée par le Blogoclub de Sylire et Lisa

blogoclub

      Un livre brillant et fascinant qui trouve logiquement sa place dans les pépites de Galéa.

challenge-nos pépites de l'année


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Published by Fransoaz - dans roman français
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commentaires

En deux mots 24/07/2014 14:57

j'en ai beaucoup entendu parler, il faudra que je finisse par le lire.

Fransoaz 25/07/2014 14:44



Bonjour En deux mots, contente de "t'entendre" par ici. Je te conseille bien sur cette lecture très marquante.



choupynette 23/07/2014 12:18

je fais partie des rares à n'avoir pas été touchés par ce roman. Dommage!

Fransoaz 25/07/2014 14:41



Les critiques vont presque toutes dans le même (bon) sens mais je ne connais pas de romans qui fassent l'unanimité complète; les voix discordantes apportent beaucoup à la réflexion.


Merci de ta visite.



sous les galets 10/07/2014 17:45

ou es-tu Fransoaz?

Fransoaz 11/07/2014 22:40



Fransoazoutai?


J'étais là tout près, sur un nuage irisé qui ne voulait pas se poser dans le quotidien des amies/amis blogueuses et qui m'a fait valser tout le mois de juin en déclinant les mots dernier
et dernière à tous les temps de l'indicatif.


 



Violette 09/07/2014 16:38

je l'ai emprunté à la bibliothèque mais je n'arrive à me décider à le lire. Mon papa est à l'hôpital et j'ai peur de craquer à la lecture...

Fransoaz 11/07/2014 22:33



Ce livre peut aussi avoir un côté salvateur, ce n'est pas une histoire larmoyante. M. de Kerangal garde une distance avec le drame vécu par la famille et se concentre sur le coeur.


Je suis bien tard à répondre et ces propos sont peut-être complètement obsolètes, pardon.



mireille 01/07/2014 17:34

J'hésite toujours à le lire.

Fransoaz 11/07/2014 22:28



Je comprends les réticences des futurs, des éventuels lecteurs. Le thème n'est pas anodin et remue forcément quelque chose en nous.



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