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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 10:20

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    Depuis que la vie s’est retirée des yeux de sa femme, le papa de Jean, quatre ans, et de Louise, trois,  n’a de cesse d’essayer de la retrouver dans le rituel quotidien. C’est simplement en continuant à remplir de mousse le bain des enfants, en mangeant des glaces à la fraise et en jouant à nouveau du saxo qu’il réussira à vivre et à être heureux avec ses enfants.

     A chaque court chapitre une tranche du quotidien: la kermesse de l’école et les ventrées de crêpes à la confiture, la fête de Noël et le choix du sapin, la première communion du neveu et la profondeur du gouffre entre le père de Jean et de Louise et sa belle-famille.

     Un papa qui vit sa paternité sans faiblir dans un amour inconditionnel pour ses deux enfants, ses deux bouées." J'entends Louise gémir et finis par laisser la revue s'effondrer sur le parquet de la chambre. Vais la voir pour chasser le cauchemar d'un baiser sur son front perlé. Elle prend son pouce, se retourne et disparaît dans la chaleur de sa couette."

     Le papa enveloppe ses enfants d’un plaid soyeux et doux. Il accepte à regret une courte séparation en psalmodiant comme pour s’en assurer : « c’est pour leur bien, c’est pour leur bien. »

     C’est une relation sans accrocs, sans doute un peu idéalisée par l’auteur ; les enfants ne veulent pas blesser leur père et malgré leur envie ils se refusent à réclamer les photos de l'absente.

     Un attachement sublimé par le décès de la maman et qui laisse peu de place aux relations extérieures si ce n’est l’amitié discrète de Mme Viviane la voisine agoraphobe ou de Maw le précieux collègue.

   

    Après le décès accidentel de la maman, la vie de la famille s'écroule, les repères s'effondrent. Mais en plaçant la sécurité des rituels au coeur de l'existence de cette famille recomposée, l'harmonie, la quiétude refont leur apparition.

     Tous les trois  déroule la riche aventure de la paternité: « Devenir un papa comme on arrive à un rendez-vous fixé depuis toujours. Qu’on a feint parfois d’oublier mais qui est toujours là ».

     Un après-midi pluvieux m’a suffi pour la lecture du premier roman de Gaël Brunet, lorsque je refermais le livre, les nuages bien essorés laissaient enfin filtrer la lumière blanche du soleil.


La brune au Rouergue -janvier 2011.

 

Merci Gwenaëlle pour le prêt de ce beau texte.

 


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Published by Fransoaz - dans roman français
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commentaires

lucie 13/01/2012 18:12

lu d'une traite cet aprem, j'ai adoré ! les rituels du quotidien comme rempart à la douleur... la vie reprend toujours ses droits.

Fransoaz 05/02/2012 12:12



C'est le genre de livre "aussitôt ouvert, aussitôt lu" -ou presque.


Un hymne à la vie, en effet.



Géraldine 18/12/2011 20:27

Ca ne me semble pas bien gai. je passe.

Fransoaz 21/12/2011 12:34



Plus de douceur qu'il n'y paraît; la mort est très peu mentionnée.



Violette 15/12/2011 21:20

sujet trop difficile pour moi, j'ai perdu une amie maman d'un merveilleux petit garçon... s'il y a bien quelque chose d'inacceptable, c'est ça. :-(((

Fransoaz 21/12/2011 12:32



Une lecture que tu vas éviter pour le moment, je comprends ton sentiment.



Alex-mot-à-Mots 13/12/2011 16:07

On dirait presque un livre-doudou...

Fransoaz 15/12/2011 11:35



On pourrait dire ça, les deux petits loupiots sont très présents.



Marie 12/12/2011 13:51

Ton billet est superbe ! Je n'ai pas envie de passer à côté de cet auteur, c'est clair !

Fransoaz 12/12/2011 21:00



Merci pour le compliment. Je serai au rendez-vous de son second roman certainement.


 



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