Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
7 octobre 2010 4 07 /10 /octobre /2010 10:29

 

 

index-copie-3

  Ô vieillesse ennemie!

 

       Je me suis un peu ennuyée au début de ce livre avec parfois l’impression de lire le Vidal (que je n’ai jamais ouvert en fait).

       L’histoire commence par l’enterrement du narrateur. On découvre quelques bribes de sa vie et de celles des gens de son entourage. Et puis tout doucement se déroule la vie de cet homme : ses trois enfants, ses trois femmes, sa réussite professionnelle, son succès auprès des femmes, l’importance des ses années jeunesse auprès de son papa artisan horloger. A l’automne de sa vie l’homme fait le bilan de sa vie, de ses regrets, ses erreurs. Il a peur de vieillir, il perd peu à peu son énergie sportive, son succès auprès des femmes, il perd ses parents et ses amis et surtout il perd progressivement mais inéluctablement sa santé. C’est ce qui le mine le plus et l’empêche d’avancer.

 

« Et puis un jour, il s’était produit quelque chose d’imprévu et d’imprévisible : il vivait depuis près de trois quarts de siècle, et voilà que la phase créative, active de sa vie était révolue. Il ne dégageait plus ce magnétisme, propre au mâle en activité, il ne pouvait plus faire fleurir les joies masculines et il essayait de ne pas trop les regretter. Une fois tout seul, il avait cru un moment que les composantes manquantes allaient lui revenir pour le rendre de nouveau inviolable, réaffirmer sa maîtrise sur la vie ; que les prérogatives qui lui avaient été ravies par erreur lui seraient restituées, et qu’il pourrait reprendre sa vie où il l’avait laissée quelques années plus tôt. Or il semblait bien au contraire que, vieillard diminué comme beaucoup de vieillards il était entré dans un processus de rétrécissement, et qu’il lui faudrait en l’occurrence boire jusqu’à la lie le calice de ses jours sans but, jours sans but et nuits incertaines, témoin de sa dégradation physique irréversible, en proie à une tristesse incurable, dans l’attente, l’attente de celui qui n’a rien à attendre. C’est comme ça que ça marche se dit-il, et ça, tu ne pouvais pas le savoir. »


    Pas une trace d’optimisme dans le roman de Philip Roth, aucun réconfort à trouver dans la sagesse, l’expérience ou l’amour des petits enfants. Il n’est question que de déchéance entraînant l'affaiblissement physique et moral puis la mort. 

    Un livre dévastateur mais très émouvant et profond où il est question d’échec, de maladie, de peurs et de solitude. C'est l’homme -n'importe quel homme- seul et nu face à son vieillissement et à sa mort.

Gallimard -novembre 2007-

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Fransoaz - dans roman étranger
commenter cet article

commentaires

Marie 30/10/2010 19:20


Je n'ai pas accroché avec ce roman. Beaucoup d'ennui et beaucoup d'exaspération...Je n'ai pas été touchée par l'émotion...


Fransoaz 01/11/2010 20:54



Je ne suis pas surprise d'une telle réaction. Cet homme peut paraître égoïste.



Yv 11/10/2010 17:15


Je n'ai jamais lu Roth, et ne suis pas très tenté. ton billet m'en dissuade encore plus.


Fransoaz 12/10/2010 21:13



Voilà comment on trouve de bonnes excuses pour ne pas alourdir sa pal!



Richard 08/10/2010 19:14


Ta chronique me donne le goût de me procurer ce roman.
J'adore Phillip Roth !


Fransoaz 09/10/2010 14:42



Ouf ! je n'ai pas dégoûté tout le monde avec mon billet.(car ce nétait pas le but)



Kathel 08/10/2010 12:42


Mes préférés de cet auteur sont Pastorale américaine et La tache, de grandes fresques passionnantes. J'ai moins aimé Exit le fantôme dont le thème est aussi le vieillissement.


Fransoaz 09/10/2010 14:40



Merci à la spécialiste de Philip Roth!


On peut je crois ajouter "j'ai épousé une communiste" pour compléter la trilogie (avec Pastorale et la tache).



sylire 07/10/2010 22:30


Bon, il faut choisir le moment adéquat pour se lancer dans une lecture aussi déprimante...


Fransoaz 09/10/2010 14:38



On n'est pas toujours prêt à se lancer dans une histoire qui nous ramène à nos propres peurs. Il faut parfois attendre un moment plus favorable ou faire carrément l'impasse, la lecture n'est pas
faite pour nous déprimer!



Lenn Ha Dilenn

  • : Les lectures de Fransoaz
  •   Les lectures de Fransoaz
  • : Lectures et gourmandises.
  • Contact

Berr-ha-berr

 

blogoclub

Pour le premier décembre

La promesse de l'aube

Romain Gary

 

challengedesnotesetdesm

Challenge des notes et des mots

chez Anne 


Challenge Nos pépites de l'année 2014/2015

Chez Sous les galets

Barzhaz

 

Chez Asphodèle poésie du jeudi

POÉTISONS

Ar Solier