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3 avril 2014 4 03 /04 /avril /2014 06:00

     Pour le rendez-vous en poésie d'Asphodèle, je choisis cette semaine le texte d'un écrivain qui vit et écrit dans le Finistère, Gérard Le Gouic.

Un "Tro Breiz" comme un clin d'oeil au "Tro Sant-Jakez", le pélerinage de Alix Saint-André dans En avant, route!

        Le Tro Breiz (tour de Bretagne) est une boucle de sept étapes qui mène les pèlerins dans les villes créées par les saints fondateurs de la Bretagne.

tro-breiz-2.jpg

 

Le Tro Breiz passe.

les chemins de terre

et de clair-obscur se déchirent.

Les chapelles frémissent

d'un froissement d'abeilles

et leurs saints dédicacent

des sourires d'énigme.

Dans la paume des fontaines

s'inversent la menthe et le ciel.

 

Les pèlerins cheminent

par le travers des champs

comme une famille en transhumance,

comme en dehors de ses frontières

une famille de lumière.

 

Les voyageurs aux semelles de sang

avancent, peinent, entrevoient

dans le monologue de la longue foule

au-dessus des blés et des genêts,

émus par la sollicitude des ruisseaux, des haies,

attentifs à leur propre visage intérieur

qui émerge lentement d'une glaise.

 

Le Tro Breiz

continue, n'en finit pas.

Le Tro Breiz passe.

(août 2000)

 

      Extrait de A l'abri de la tempête

- éditions La part Commune; quatrième trimestre 2007-

Chez Asphodèle poésie du jeudi

 


 


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30 mars 2014 7 30 /03 /mars /2014 20:30

 

en-avant-route.jpg      Une marche jubilatoire surtout pour le lecteur qui abandonne bien volontiers les ampoules aux pieds, les ronflements du voisin de dortoir et les chaussettes qui puent à l'auteure et à ses compagnons de randonnée

     Trois fois Alix de Saint-André descend sur le chemin de Compostelle. Son premier voyage débute à Saint Jean Pied de Port en été 2003. Elle ne s'est pas préparée à ce long périple  et est surprise que ce chemin ne soit pas une longue et lente méditation en solitaire! La deuxième fois elle rallie Saint Jacques de Compostelle en partant de la Corogne sur le chemin dit 'des anglais'. La troisième fois à l'automne 2007, elle fait, ce qu'on est tenté d'appeler, le vrai chemin car cette fois elle démarre des Pays de la Loire, le berceau familial.

"J'étais débarrassée de la peur de ne pas y arriver. Et de l'obsession d'arriver. 

Le suspense était ailleurs"

    

      On va la suivre sur des sentiers très triviaux où il est question de douches froides,  de l'organisation équilibrée du sac à dos, de l'apposition quotidienne du tampon de crédential (le carnet du pèlerin), du ravitaillement en sandwiches, bières et autres carburants et d'auberges aux portes fermées. Mais ce sont les rencontres, les échanges qui font le sel de ce défi personnel et lui donne son sens.

     Son premier voyage se fera sur fond d'irascibilité mêlée à de l'égoïsme. Elle aime autant qu'elle déteste Raquel la jeune femme qui chemine longtemps près d'elle puis en elle. C'est par culpabilité envers cette même Raquel qu'elle lui propose le second voyage, elle veut effacer la colère qui l'habite depuis sa première arrivée à St Jacques. Le troisième chemin sera celui de la maturité et de l'accomplissement.

     Pour le lecteur aussi, ce troisième voyage sera le plus riche, le plus passionnant. La marcheuse se dépouille, elle gagne en sobriété et s'affranchit de son individualisme. Sa marche, qui prend un caractère plus spirituel et religieux, est empreinte de sagesse et de  générosité.

     C'est pétillant, ironique, parfois grave, car Alix de Saint-André est rattrapée sur le chemin par des nouvelles accablantes qui concernent des proches ou par des souvenirs émouvants lorsqu'elle évoque son père décédé.

     Une grande complicité se crée entre l'auteure et le lecteur qui dépose son fardeau chaque soir avec autant d'impatience et de soulagement que la marcheuse.

 

Editions Gallimard/folio - juin 2011-


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13 mars 2014 4 13 /03 /mars /2014 06:00

Chez Asphodèle poésie du jeudi

      Evelyne Trouillot est née en 1954 en Haïti. Après des études universitaires en langues et en sciences de l'éducation aux USA, elle est de retour dans son pays natal. Depuis 1987, elle vit à Port au Prince où elle enseigne et anime des ateliers d'écriture. Elle est cofondatrice (avec ses frères et sœurs) de la fondation Anne Marie Morisset qui oeuvre pour l'enrichissement culturel des jeunes haïtiens.

     Evelyne Trouillot écrit des nouvelles, des romans, des pièces de théâtre et aussi de la poésie où dans la douleur elle dévoile ses convictions profondes.

 

     Par la fissure de mes mots est un petit et mince recueil où chaque poème, chaque mot exprime l’amour sensuel et charnel de l'auteure pour son pays. Haïti est dévasté, aux prémices de l’année 2010 par un tremblement de terre d’une violence inouïe.

Puis un mardi

à l’aube d’une année

encore tapie sous les décombres

tu es partie sans dire adieu 

     Mais Evelyne Trouillot ne laisse pas ses mots aller sur les chemins du désespoir ou d’un chagrin sans fond. Dans le soleil des flamboyants, dans les cris et les rires des enfants elle puise les couleurs bleues et vertes de son île pour l’arroser d’espoir et de certitudes. 

Un jour en vaut un autre

mes rires harcèlent nos larmes

corps à corps enivré

malheureux

indécis

de l’humanité

jubilante et fébrile

face à la vie 

     Quand on a tout perdu il reste les mots d’Evelyne Trouillot. Elle les jette, les façonne, les tord pour en extraire le baume qui pansera les plaies de sa terre, ses mots se font suture pour cicatriser les béances et refermer les failles. Evelyne Trouillot croit en la force de son pays, elle croit en la poésie qui peut rassembler un peuple, lui donner le souffle et l’énergie pour croire en des jours meilleurs. 

Le poème prend ma détresse

et la tords en jets de douleur

éblouissante

si proche du cœur

que son frémissement

se mêle

aux murmures des oiseaux

et mes pleurs impudiques

s’offrent au soleil

et se mêlent au goût irrésistible

de la terre 

     La poésie d’Evelyne Trouillot est un cri du cœur, un tumulte qui surgit des profondeurs pour laisser éclater sa foi et son espoir d’une vie possible et heureuse en Haïti, des mots « lézardés, ébréchés, cabossés » qui m’ont agrippée et bouleversée.

 

      Editions Bruno Doucey -janvier 2014-

    Collection Embrasures "Ouvrir à tous la porte de la poésie sans en perdre l'incandescence"

 

    Merci aux éditions Bruno Doucey et à leur poésie enchanteresse, merci à l'opération Masse Critique de Babelio.

      Miss Haïku a reçu Un trou énorme dans le ciel de Jean-Pierre Luminet, livre de cette même collection.

 

 

     

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1 mars 2014 6 01 /03 /mars /2014 06:00

     Fugitives est un recueil de huit nouvelles écrites par Alice Munro et que l'équipe du Blogoclub a décidé de mettre à l'honneur pour la première lecture commune de l'année 2014. La reine de la nouvelle est née en 1931 dans l'Ontario -Canada- elle reçoit le prix Nobel de littérature en 2013.

     La nouvelle que j'ai préférée est celle qui raconte l'histoire de Robin, une jeune femme qui découvre par hasard l'émerveillement du théâtre en assistant à une représentation du roi Lear. Elle se fait la promesse de revenir régulièrement et seule pour ne pas avoir à en parler et profiter plus longuement de l'enchantement qu'elle ressent à la fin de la séance. Cette sortie est devenue un rituel bien établi lorsqu'un jour, pressée par les horaires du train qui la ramène dans son village elle oublie et perd son sac à main. Un homme, Danilo s'empresse de la dépanner en l'invitant à manger avant de payer son billet retour. Cette rencontre se termine par un long baiser et l'étrange promesse de se retrouver au même endroit un an plus tard. Subterfuges, le titre de cette nouvelle, raconte ces deux rencontres initiatiques , celle du théâtre et celle de l'émoi amoureux. 

     

    Alice Munro aime portraiturer des femmes quelconques elle les accompagne un instant dans des fuites qui semblent salvatrices mais sur fond d'ambigüité les abandonne dans des contextes plus féroces et désastreux que les situations initiales.

      Dans chacune de ces huit nouvelles, pointent le talent de Alice Munro pour dépeindre les traits physiques et psychologiques des personnages, sa maîtrise de nouvelliste pour dérouter le lecteur et le surprendre lors du dénouement, son inventivité qui fait dériver le lecteur dans des univers très différents. L'auteure n'hésite pas à déstabiliser le lecteur en installant une situation inconfortable au début de chaque nouvelle histoire. Je me suis sentie parfois piégée, déboussolée ne réussissant pas à me situer dans les personnages, m'obligeant à revenir sur mes pas avant de pouvoir enfin  plonger dans la douceur amère de ces nouvelles.

     Je me suis perdue dans la dernière des nouvelles, la plus longue des huit, elle m'a semblée complexe voire scabreuse ou alors j'en avais eu assez!

    La traduction, qui m'a plusieurs fois laissée pantoise -mots inconnus ou syntaxe déficiente-  atténue un avis plutôt enthousiaste.


 

Editions Points- août 2009-

Traduction de l'anglais (Canada) par Jacqueline Huet et Jean-Pierre Carasso

blogoclub


 

   

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23 février 2014 7 23 /02 /février /2014 07:25

Cinq femmes chinoises par Pelletier

Ciel dans l'eau, poisson dans les arbres

     Xiu nait en 1957 et est, très jeune, enrôlée dans une école de gymnastique. Les privations alimentaires, les étirements pour allonger son corps, la discipline quasi militaire de l'école lui forgent le corps et le caractère. Lorsque adulte, elle devra échapper à la violence et à l'ivresse de son mari les compétences acquises enfant l'aideront à conquérir son indépendance et à gagner sa vie.

Quand il n'y a plus d'arbres, il n'y a plus de singes

      Daxia, fille de Xiu, nait en 1979 près de Shangaï. Le fleuve mitoyen est son terrain de jeu, et devient son refuge quand la violence de son père et la peur de sa mère la dégoûtent. Adolescente elle montre des aptitudes pour le calcul et se passionne pour la façon "d'empiler des logements" , elle entreprend des études d'architecte. Elle s'enrichit en travaillant dans un prestigieux groupe immobilier à Pékin.

Dans la boue pousse la jolie fleur

      Mei nait en 1981. Elle est l'amie, "la petite larve", de Daxia. Elles sont toutes deux nostalgiques de la rivière de leur enfance mais se révèlent très différentes dans leurs priorités. La mode vestimentaire n'a pas de secret pour Mei qui souhaite en faire son métier. Elle deviendra l'amante de Fang, la patronne de Daxia.

Avec le temps, la feuille du mûrier devient de la soie

     Fang nait en 1960. Les morts violentes de son grand-père puis de ses parents vont marquer l'enfant puis la jeune femme qui mettra du temps avant de prendre sa destinée en main. L'héritage qu'elle perçoit au décès de son mari la propulse à la tête d'une entreprise immobilière.

Seuls les oiseaux chantent suspendus dans des cages

      Baoying nait en 1980. Enfant, elle se passionne pour la cuisine dans le restaurant que tient son père et note soigneusement les recettes. Elle espère prendre sa suite mais à la mort de son père, elle est chassée. La désolation et la misère deviennent son quotidien avant qu'elle ne rencontre Dewei, un ami de son père qui l'aidera à reprendre le restaurant familial. En épousant Dewei elle devient la belle-sœur de Fang.


     Ces cinq destins féminins sont liés entre eux par des liens familiaux, professionnels, d'amitié ou amoureux. Suivre ces femmes équivaut à remonter le fil des cinquante dernières années en Chine. En faisant fi de leur passé misérable et famélique elles saisissent l’opportunité de nouvelles règles économiques et s’érigent chefs d’entreprise.

     En écrivant une page sur la Chine et sur la femme chinoise moderne Chantal Pelletier sape nos références culturelles traditionnelles. Elle donne à voir un empire en pleine mutation économique, familiale et sociale.

     L'auteure écrit à toute vitesse comme si le destin de ces femmes ne pouvait s'embarrasser de détours, il faut rapidement se délester de ces enfances miteuses, mettre des œillères, ne pas regarder derrière soi, on risquerait un faux pas, un apitoiement mal venu qui freinerait les ambitions. A l'instar de ces femmes endurcies le lecteur se blinde pour ne pas souffrir d'un trop plein d'empathie.

     Un livre instructif pour faire évoluer nos poncifs sur ce pays. L'insensibilité que j'ai ressenti pendant la lecture est dûe au style de l'auteure et sert bien cette histoire très réaliste.

     A découvrir pour la femme et pour la Chine.

 

  Editions Joëlle Losfeld -mars 2013


  Lu pour le prix Cezam 2014, prix littéraire des comités d'entreprise.

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20 février 2014 4 20 /02 /février /2014 09:30

     Haiti-1.jpg        Pour le rendez-vous en poésie d'Asphodèle, je propose aujourd'hui un extrait du recueil de Evelyne Trouillot Par la fissure de mes mots. L'auteure vit en Haïti où elle enseigne et anime des ateliers d'écriture. Ces textes ont été écrits après le séisme de janvier 2010 et se situe "à mi-chemin entre décombres et étoiles".

 

 Promesses

J'en ai marre des bras qui violent

l'espace

zigzag rouge et honteux

de malheurs qui volent trop bas ou trop haut

et cachent leurs becs

des fleurs qui s'entêtent dans la décadence futile

des amours pathétiques

 

Je suis fatiguée de chercher un sens

aux couleurs des mots

de voir les douleurs trop nombreuses

prendre mes chansons préférées par les tripes

j'en ai marre d'essuyer les bris d'orage

 

D'oublier qu'il faut compter les heures de la nuit

pour voir le jour

et qu'il n'est jamais trop tard

pour que la morsure fasse encore mal

je suis fatiguée des envies

qui passent dans ma rue

sans voir la montre qui sautille

incessante et narquoise

 

Je veux des éclats de rire absurdes et éternels

des bras toujours parés pour l'accolade

des grands retours

des mains d'océan en cascades

et des réveils d'enfants heureux

des sourires inutiles de folie pleine

et de promesses impossibles

à tenir

 

Chez Asphodèle poésie du jeudi


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12 février 2014 3 12 /02 /février /2014 21:59

 

      En ce début décembre Carole revient au village qui l’a vu naître et grandir dans le massif de la Vanoise. Elle y retrouve Gaby, sa jeune sœur et Philippe le grand frère qui n'ont pas quitté le Val-de-Seuls. Ils se sont donné rendez-vous pour attendre Curtil, le père qu’ils n’ont pas revu depuis l’enterrement de la mère il y a deux ans. Comme à chaque fois, ce vagabond annonce son retour par l’envoi d’une boule de neige, de celles que l’on retourne pour voir les 'flocons' tomber sur le décor naïf. Pas un mot, une lettre ou une carte juste cette boule et l’attente peut commencer.


      Dès les premières pages je me suis mise au diapason des journées de Carole. Elle a loué au village un petit gîte et emploie ses journées dans la traduction d'un livre de Christo, l'artiste emballeur, tout en gardant un œil sur les allers et venues du petit village et sur l'activité de la scierie attenante au gîte. Carole retrouve des visages connus et amis ou plus circonspects et agacés par sa présence.

       Pour les rencontrer il faut pousser la porte du bar à Franckie: ils sont tous là au réfectoire ou dans la salle de billard, près du juke-box ou accoudés au bar. Vous croiserez la môme, l'enfant adoptive de Gaby, Yvon, le neveu, l'œil collé à sa caméra, Diego penché sur son dernier puzzle de trois mille pièces et puis après la journée de travail arriveront les bûcherons, les routiers qui feront une halte dans la chaleur animée du bar, et puis vous apercevrez peut-être aussi Jean, l'ami d'enfance de Carole, avec qui elle renoue le lien distendu  par les années.

     L'attente du père oblige Carole à s'installer dans les habitudes du Val. Les souvenirs dramatiques de l'enfance resurgissent avec son flot de doutes et d'interrogations. Pour comprendre aujourd'hui ce qu'elle a occulté hier Carole interroge, écoute, observe.

      Il règne dans Une part de ciel une ambiance feutrée, un halo de mystère qui s'exprime dans les regards, les silences, les non-dits et qu'entretient la routine apaisante des journées au Val-de-Seuls.

      J'ai retrouvé ici ce qui m'avait séduit dans Les déferlantes: une symbiose et complicité totale avec le microcosme villageois, une douce affinité avec les personnages créés par l'auteur et cette impression inouïe de toucher des yeux une histoire écrite spécialement pour moi.

 

 

éditions Actes sud- septembre 2013

 

 

challenge-nos pépites de l'année

Une première contribution sonnante et trébuchante à verser au challenge 'pépites' de Galéa.



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6 février 2014 4 06 /02 /février /2014 07:11

     petites-choses.jpg

 

      Jardinier des mots

le poète sème ses espérances

dans les sillons du temps.

--------

Sous le regard froid des étoiles,

dans le silence bleu de ce long hiver

les oliviers centenaires

resserrent un peu plus leurs bras.

--------

Une fumée s'échappe

de la maison au bord du bois.

et les arbres alentours

s'émeuvent de reconnaître

l'odeur du vieux chêne

qu'ils côtoyaient autrefois.

 

Extraits de Petites Choses

  éditions de la Renarde Rouge -RR- 4ème trimestre 2011

Gravures de Titi Bergèse

 

Chez Asphodèle poésie du jeudi

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30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 18:01

L'Art du chevalement par Phang

     Lorsqu’Orféo remonte le cheval Pigeon à la surface de la terre, après dix années passées dans la mine, ils arrivent dans un espace de verre et de lumière où trônent des statues de marbre et de terre. Pour ne pas être aveuglé par la clarté que le cheval ne connait plus, Orféo, son jeune guide lui a bandé les yeux. Dans ce dédale artistique le jeune mineur raconte à son ami équidé ce qu'il voit. Les statues s'animent et accompagnent l'homme et le cheval dans la visite du musée.


      Cette bande dessinée, commandée par le Louvre de Lens, met dans un face à face inédit l’univers du mineur et celui du sculpteur. Une grande documentation donne de la véracité au propos. Orféo est un néophyte qui découvre avec surprise et ravissement les chefs-d’œuvre exposés. Sa réflexion, ses questions permettent à l'auteur d'émettre quelques grands énoncés sur la genèse et la finalité de la création artistique. Cette rencontre fortuite est celle de deux mondes opposés, celui de l’ouvrier et celui de l'artiste ; ils s'enrichissent mutuellement et se découvrent de nombreuses affinités.  Dans les dernières pages, le vocabulaire de la mine et le lexique de l'histoire de l'art se dévoilent en une étonnante palette d’analogies.

  

     La bande dessinée, L’art du chevalement* a rempli son rôle de passeuse de connaissances. J’y ai appris beaucoup sur le travail des mineurs et l’histoire de l’industrie minière. Mais la partie didactique est envahissante et la part de fiction est trop réduite pour accrocher vraiment l’intérêt du lecteur.

     Les traits des visages, les couleurs choisies – une majorité de gris et de marron- donnent un ensemble d’une tristesse et d’une mélancolie infinie que démentent pourtant parfois les propos légers et coquins des statues.

      Une déception globale pour cette lecture trop copieuse et mal servie par le choix des coloris.

    

*"Chevalement: construction établie au-dessus d'un puits de mine, contenant notamment les installations nécessaires pour la descente et la montée de l'équipement et du personnel ainsi que la montée du minerai." 


éditions Futuropolis Louvre Lens- novembre 2013-

Merci à Babelio et à l'opération Masse critiquemasse critique dessin


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23 janvier 2014 4 23 /01 /janvier /2014 00:00

Chez Asphodèle poésie du jeudi

Voici ma première participation au 'Jeudi en Poésie' initié par ASPHODELE.

La poésie prend une part de plus en plus large dans mes lectures; mes goûts en la matière sont éclectiques et changeants. Ils se nourrissent de prose et de vers, de sonnets et de haïkus, de ballades et de 'gwerzioù'.


Pour ce premier rendez-vous, j'opère un retour en arrière sur la semaine de poésie et la deuxième édition du festival  Moi les mots qui a décoiffé la petite ville de Landivisiau les dernières semaines de l'année 2013. Parmi les poètes invités figurait Jean-Pierre Siméon, directeur artistique du printemps des poètes.

 

Eloge de la vieillesse


J'aime les très vieux

assis à la fenêtre

qui regardent en souriant

le ciel perclus de nuages

et la lumière qui boite

dans les rues de l'hiver 

 

j'aime leur visage

aux mille rides

qui sont la mémoire des mille vies

qui font une vie d'homme

 

j'aime la main très vieille

qui caresse en tremblant

le front de l'enfant

comme l'arbre penché

effleure de ses branches

le sommeil d'une rivière

 

j'aime chez les vieux

leur geste fragile et lent

qui tient chaque instant de la vie

comme une tasse de porcelaine

 

comme nous devrions faire nous aussi

à chaque instant

avec la vie

 

Jean-Pierre Siméon

ICI

Cheyne éditeur- poèmes pour grandir (premier trimestre 2009)

 

A votre tour, mettez de la poésie dans votre quotidien et attrapez la lumière des mots!

 


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