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2 octobre 2013 3 02 /10 /octobre /2013 10:44

 

     On en entendait parler dans notre microcosme blogospérique depuis plusieurs mois: la création d'une revue consacrée à nos centres d'intérêts. Aux manettes, Gwenaëlle et son expérience déjà bien rôdée de bloggeuse et d'écrivain.

      Pour réussir son pari et créer son magazine, Gwenaëlle lance un appel à toutes les personnes désireuses d'apporter une nuance différente à Glaz et le camaïeu final est riche de la diversité des contributeurs.

       Les expos de sculptures nous emmènent sur les bords de la Méditerranée et nous invitent à capturer les nuages avant le retour en Bretagne dans l'enceinte du domaine de Kerguehennec; nous suivons aussi Yvon sur la petite île de Groix pour un reportage sur le Fifig (festival du film insulaire). Des chroniques de livres, des insomnies glaçantes ou souriantes, des petits textes poétiques, une épatante interview d'auteur - à déguster en entrée la personnalité de Arnaud Le Guilcher qui ressemble à ses histoires - et encore quelques petites surprises complètent ce premier numéro très réussi.  

 

     Un magazine "butineur" qui fait la part belle aux mots et à ceux qui les animent.

 

Glaz numéro 1 Automne 2013


 


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26 septembre 2013 4 26 /09 /septembre /2013 14:00

 

      Quel enfant ou adolescent n'a un jour rêvé de faire son balluchon et de prendre la tangente loin de l'autorité familiale?

      Muette, 17 ans,  ne va pas seulement rêver sa fugue, elle quitte vraiment ses parents et se réfugie dans une grange, à une heure de marche du domicile familial. Elle a longuement mûri son projet et a prévu vivres et couchage pour plusieurs jours.

 

     Muette fuit l'indifférence, le rejet et l'hostilité de ses parents et peut-être aussi un évènement plus traumatisant qui ne nous sera pas dévoilé. Son mutisme, comme seule réponse à leurs petites phrases mesquines et odieuses, évolue logiquement vers cette escapade, Muette part respirer sa vie: "Elle a grand ouvert les portes de sa vie"

     Muette est bonne élève mais peu douée pour les relations avec ses pairs. Elle est incapable de faire confiance et elle fuit même la bienveillance de l'infirmière scolaire en qui elle aurait peut-être pu trouver une alliée, une confidente. Muette est une enfant sensible dont le cœur bat la chamade au spectacle désolant des guerres, des attentats, de toute la souffrance et la misère du monde. Muette est inadaptée au monde qui l'entoure, elle aimerait trouver un Eden inexploré, un lieu sauvage vierge de toute trace humaine.

      A aucun moment, l'auteur ne revient vers les parents, qui auraient pu donner des explications, éclaircir la situation. On s'accroche aux basques de l'ado, on suit les arcanes de sa pensée désordonnée. Comme si l'auteur voulait la protéger et lui donner une force qui l'aidera plus tard lorsqu'elle devra rentrer chez elle; car on le sait Muette ne pourra pas survivre dans sa grange délabrée. Elle a un autre rapport au temps et déjà la pleine conscience de l'importance de vivre et de jouir du moment présent.

     Muette est pleine de contradictions et cet aspect-là du personnage m'a dérangée, m'a empêchée de cerner vraiment les souhaits profonds de l'ado. Elle ne veut pas échanger avec ses pairs mais pense cependant à la tête que ferait un amoureux qui l'embrasserait après son repas d'ail des ours; Muette cherche à éviter le monde des hommes mais s'approche puis pénètre cependant dans la ville la plus proche...

      Cette nature qui colle si bien à la personnalité de Muette est faite de baies dans les buissons, de bains dans la rivière, de petits bruits feutrés, de craquements, de feulements et de crissements de la faune nocturne. J'ai retrouvé dans la nature de Muette ma complice d'enfant: les parties de cache-cache, les brûlures de l'eau glacée de la rivière, les lèvres violettes d'avoir trop goûté les mûres des ronciers et les genoux écorchés qui sont pour moi le symbole de mes jeunes années!

     Muette, à qui j'aurai donné moins de 17 ans, est attachante, rêveuse et suscite la bienveillance et l'émotion du lecteur.


     Muette est aussi chez Yv, chez Zazy, chez Nath, chez Mimi.

 

Editions Albin Michel - août 2013-

 

 

 


 

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19 septembre 2013 4 19 /09 /septembre /2013 08:00

la-nuit-tombee.jpeg

 

      Deux ans après la tragédie de Tchernobyl, Gouri, l’écrivain exilé à Kiev, enfourche sa vieille moto et entreprend un pèlerinage sur les lieux de la catastrophe. La raison de ce retour dans la zone désertée est affective: il souhaite ardemment rapporter, à sa fille malade, la porte de leur ancien logement, symbole de leur vie antérieure. Ce secteur à risques est surveillé et Gouri préfère attendre que ne tombe la nuit avant d'y pénétrer. Il profite de cette attente pour visiter ses amis restés sur zone...

 

     Le voyage de Gouri est grave et douloureux, ses rencontres disent l'ampleur des dégâts sur la santé des voisins de la centrale. Mais ce périple est aussi placé sous le signe de la solidarité et de l'amitié indéfectible. On ne juge pas Gouri qui a fui la zone dangereuse. Son ami, qui se meurt, lui donne l'occasion de les aider en lui demandant de rédiger une lettre d'amour et d'adieu.

     Antoine Choplin peint cet environnement fantomatique et malveillant par petites touches. Il fait confiance à ses personnages afin que, en dépit de l'hostilité du site, ceux-ci réussissent à mettre de la chaleur dans leurs retrouvailles autour d'une table et de bouteilles d'alcool. Ces hommes sont fatalistes, ils ne sont pas dans la révolte, ils souffrent sans plainte.

      Il faut s'immerger dans cette ambiance et imaginer le quotidien de cette humble population;on est dans la survie. La connivence, l'entraide sont au cœur des relations malgré la catastrophe. Une gageure de la part de l'auteur qui réussit à faire de cette couleur grise des cendres de Tchernobyl un roman éclairé par l'amitié .

 

     C'est un coup de cœur que j'ai eu pour cette fraternité entre Gouri et ce couple d'amis. Un roman qui frappe mais posément, sans théâtralité. Comme si cette catastrophe avait emporté avec elle le futile, le superficiel. La mise à nu révèle des liens forts, l'imminence de la mort oblige l'urgence de la confidence pour les amis en sursis. 

 

        Un roman nécessaire pour dénoncer la dangerosité du nucléaire sans slogans et sans pancartes. Parce que les nuages toxiques ne s'arrêteront pas à chaque fois à notre frontière!


éditions la fosse aux ours - 2012

 


 

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12 septembre 2013 4 12 /09 /septembre /2013 15:30

 

  " Le sac à dos modifie le regard d'autrui."

      Donner à un livre le qualificatif de livre de vacances est toujours très subjectif et inhérent à ce que nous mettons derrière ce mot spacieux et prometteur. On ne cherche pas tous la même chose pour la parenthèse estivale.

    Mes vacances basques, elles, se sont accordées avec les lentes pérégrinations du voyageur Jean-Paul Kauffman.

      Le journaliste/écrivain décide de marcher à contre-courant en flirtant sans cesse avec la Marne. Il préfère avoir Paris dans son rétroviseur plutôt que dans sa ligne d'horizon et se dirige à pas comptés vers le plateau de  Langres où la Marne prend sa source. L'auteur connaît bien cette région, mille fois traversée pour rejoindre les deux pôles familiaux: des marches de Bretagne à l’Alsace.
     "Le village d'Aÿ m'est familier, mais je le vois à présent sous un jour différent. La voiture qui permet d'accéder promptement au cœur d'un village, ne met en mouvement que le cerveau; manqueront toujours le toucher, le contact physique, cette friction de la plante des pieds du talon avec le sol, sans lesquels l'expérience de la vie immédiate est incomplète. Les orteils palpant la surface de la croûte terrestre nous renseignent mieux que la tête sur la consistance des choses."

       Sac à dos bien ferré, le pèlerin décide d'avancer à son rythme épousant celui de la rivière; les sens en éveil pour s'imprégner du paysage sonore et olfactif. Quelques étapes amicales sont prévues mais l'inopiné et les rencontres fortuites font aussi partie du programme. 

    Monsieur Kauffman met au service de cette marche toutes les connaissances livresques engrangées depuis de longues années. Chaque méandre, chaque lieu-dit, chaque étape est prétexte à revenir sur un fait historique, un élément toponymique, une incursion dans la vie socio-économique ou tout au moins une pensée philosophique.

         Le randonneur arpente ainsi le "dos" de la capitale; la France qui survit bouche ouverte pour ne pas étouffer, celle qui s'est détournée depuis longtemps des politiques et de leurs vaines promesses et ne compte plus que sur ses propres forces. 

    "J'ai vu des villages que la vie avait apparemment désertés: maisons barricadées, devantures abandonnées, trottoirs défoncés. Des affiches annonçant une réunion, un voyage, un collectif de lecture, une manifestation indiquaient que la communauté n'était pas morte. Derrière l'apparence défensive se terre un monde invisible. Une autre vie agit à l'intérieur par le seul mérite du don, du bénévolat, de la solidarité."

        L'auteur est un grand érudit qui jamais ne lâche prise. Les références historico-littéraires priment sur les sensations et les émotions du baroudeur.  Cette distanciation n'entache pas le récit qui demeure un beau cheminement de lecture.

 

 

Editions fayard - mars 2013-

    

 

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5 septembre 2013 4 05 /09 /septembre /2013 15:00

   

      Une maman dépose pour "quelques jours d'été" son petit garçon de huit ans chez un couple de vieilles personnes. Dans cette maison qui sent bon "le gâteau tiède et le café au lait", l'enfant se familiarise timidement avec son nouvel environnement. Nourrir les lapins, s'initier à la pêche à la mouche avec "le muet", écouter "la vieille folle" conter des histoires de sorcières sont autant de découvertes et d'expériences inédites pour le petit garçon.

 

     Cette bande dessinée qui ne dure pas le temps d'une sieste à l'ombre du châtaignier est charmante et captivante. Ce sont nos yeux curieux et innocents de huit ans qui découvrent le bol de café du petit déjeuner, le dépiautage du lapin, les cancans ordinaires du voisinage.

     Ce fragment de vie semble avoir été flouté par les années, patiné par la vision attendrie de l’adulte. S'il reste encore le souvenir du dégoût devant l'assiette de lapin ou celui des cauchemars qui suivaient les histoires effrayantes de la vieille dame il subsiste surtout la souvenance émue de la bienveillance un peu brute des deux anciens. 

      Les dessins réalistes, en noir et blanc, placent l'objectif de Chabouté sur les traits des visages pour accentuer les sourires prévenants des adultes ou plus timides de l'enfant.

     Une histoire toute en discrétion et en délicatesse qui ne laisse que peu de place au fracas de l'annonce déconcertante que fera la maman à son retour.

     Une très belle bande dessinée frustrante de brièveté mais "je n'oublierai jamais le chuchotement des rivières"!

 

 

éditions Paquet- juillet 2004-

 

 


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1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 00:00

 

      Pour accéder à la demande d'un éditeur   qui souhaite rassembler, dans un livre, les meilleures chroniques de Nuala O'Faolain parues dans l'Irish Times, la journaliste accepte de rédiger l'introduction et de parler d'elle. Cette demande déclenche chez l'auteure l'envie de raconter sa vie. La petite introduction succincte s'enrichit pour devenir un récit autobiographique: On s'est déjà vu quelque part?

 

     Nuala O'Faolain grandit dans une famille de neuf enfants (ce n'est pas ce qu'on appelle une famille nombreuse dans les années 1950 en Irlande) ,  dans un pays pauvre et engoncé dans le carcan de la religion catholique. Son père est un journaliste connu et reconnu par ses pairs.  Il réagit en toute chose de manière excessive que ce soit dans l'amour, dans l'abandon ou la violence envers sa famille. Dans cette société patriarcale du milieu du siècle précédent, la femme n'a pas de statut, elle n'est que le prolongement de son mari. « L’Irlande des années 1940 était un tombeau où les femmes étaient enterrées vives. » La mère de Nuala s'avère incapable d'élever et d'éduquer ses enfants elle souffre de ce qu'on appellerait aujourd'hui, un trouble bipolaire et sombre dans une alcoolodépendance envahissante. 

 

        Comment la jeune Nuala pourrait-elle se construire un avenir, se lancer dans sa vie d'adulte alors que l'existence de ses parents est si pitoyable, la vie en Irlande si misérable?

         Son parcours révèle de profondes failles, des zones de turbulences qui la font plonger dans l'alcool, qui la ballote d'hommes en hommes sans jamais réussir à mener une vie de couple sereine et durable.

       L'auteure est avide de poésie et de découvertes littéraires. C'est la lecture qui l'aide à se tenir debout.

« J’aime la lecture en tant que telle. J’aime suivre une ligne- pas seulement l’histoire, mais aussi le rythme, le ton, la sensation de ce qui s’est accumulé avant et de ce qui commence à se dessiner à l’horizon -, parcourir d’un pied sur la corde raide tendue par l’intention de l’auteur. »

        Son récit est émaillé de références à des oeuvres et à leurs auteurs. Cette abondance m'a gênée en début de lecture puis affranchie de ce florilège j'ai goûté l'essence même, le cœur sensible de ces confessions.

       J'ai cheminé, très lentement, avec une lectrice passionnée, avec une femme attachante rattrapée par l'amour de son pays et habitée par une solitude incommensurable.

      Dans ce siècle, où les nouvelles générations affichent ostensiblement leurs réseaux d'amis toujours plus larges, la solitude extrême de Nuala O'Faolain, est criante et me bouleverse. 

 

Editions 10/18 -septembre 2011 -

 

Merci aux organisatrices du Blogoclub Sylire et Lisa.

La session de septembre est dans la lignée des précédentes avec ce récit poignant et mémorable où l'on aurait encore tant à ajouter. 

 

blogoclub

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4 août 2013 7 04 /08 /août /2013 22:00

Les billets se raréfient

Les lecteurs sont partis

La blogosphère s'assoupit.


livres vacs + retour VC2013 juillet 005

 

Je prévois des lectures de vacances éclectiques:

de la poésie pour nourrir l'esprit,

des nouvelles à picorer

  un récit pour la balade dans la nature

une BD pour les dessins

des devoirs de vacances pour préparer l'échéance du blogoclub

et le routard du pays basque pour la réussite des vacances.


Je vous souhaite, en août, de longues plages de bien-être !

 


 

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29 juillet 2013 1 29 /07 /juillet /2013 13:17

 

  la-vie-copie-1.jpeg

 

      Il serait laborieux de vous parler de La vie selon Monsieur de Sá Moreira sans citer de larges extraits. En effet, l'exercice de style auquel s'adonne l'auteur est original et difficile à décrire. Il enfile des instants de vie très courts en changeant de personnage toutes les trois, six, cinq ou huit lignes. Les petits alinéas se suivent en file indienne le personnage secondaire d'un paragraphe devient le principal de la partie suivante. Le lecteur survole toutes ces têtes y pénètre juste le temps de recueillir quelques pensées puis repart.


"Je ne supporte pas les cris. Ca me rappelle trop mes parents. J'ai couru pour traverser la rue mais j'ai oublié que je portais des talons...

 

  Elle s'est étalée au milieu du passage piétons alors que le feu passait au vert. J'ai dû piler pour ne pas la tuer, un autocar dans la tête ça ne pardonne pas. Mes passagers étaient furieux et l'animatrice s'est retrouvée sur mes genoux avec son micro...

 

  Je ne croyais pas au coup de foudre et pourtant c'est arrivé. Nous avons emménagé dans un pavillon charmant et notre fils vient de fêter ses trois ans...

 

   J'avais demandé un petit frère mais j'ai eu des Playmobil. Les salauds. c'est de la folie de laisser un enfant seul entre deux adultes, les aînés devraient toujours être des jumeaux. Si j'étais né chez les voisins, j'aurais quatre frères, cinq soeurs et un chien...

 

   Je ne savais pas que nous avions un chien, on ne me dit rien dans cette maison. Je rentre, je sors, tout le monde s'en fout. Je connais moins mes enfants que les clients de la brasserie."

 

      J'ai aimé ce petit livre, sa légèreté, son humour, l'originalité  dans cette alternance de voix. L'auteur à la répartie facile, la riposte innée, il est hyper-réactif et le lecteur rebondit d'histoire en anecdote et accomplit une belle promenade en ricochets...

 

       Je remercie Evalire qui a fait voyager La vie jusqu'ici.

 

éditions Au diable vauvert - juillet 2012-

 

 

 


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23 juillet 2013 2 23 /07 /juillet /2013 13:00

     Dans un tout petit village de Bourgogne, à l’heure où les nappes de brouillard s’attardent encore sur les vallons, Clotilde est appelée à l’école: Madeleine, sa fille de 8 ans a disparu. L’appréhension monte crescendo et se transforme en angoisse puis en panique lorsqu’elle arrive près de la rivière sans apercevoir sa fille. Madeleine sera retrouvée mais  Clotilde ne peut plus parler, ses cordes vocales ne vibrent plus.

      La vie familiale si bien ordonnée par les soins de cette maman de quatre enfants va s'en trouver bouleversée. Clotilde refuse les injections de toxine botulique qui lui redonneraient sa voix pour se concentrer sur la rééducation lente et aléatoire proposée par la phoniatre.
«  J’ai saisi que l’émission de la parole est un phénomène complexe : respiration, vibration, muscles, muqueuse, cerveau… Cela peut être long. Très long… »

    Son père, son mari, sa meilleure amie ne comprennent pas son choix, s'impatientent, se désespèrent mais Clotilde tient bon.

 


     Au début de Fugue j'ai craint d'assister Clotilde dans tous les aléas de la vie domestique: les allers-retours entre école et maison, les séances de ménage, le retour du mari... Mais, heureusement, lorsque Cécilia Bartoli lance son chant en révélant le talent de Clotilde, on devine très vite que l’on sera sur un autre registre; lorsque la phoniatre commence la rééducation des cordes vocales de Clotilde on sait que l’on pourra aimer cette histoire avec une belle symbolique autour du souffle et de la respiration.

     Fugue composée par Anne Delaflotte Mehdevi dépeint un personnage hors du commun. Clotilde est féminine, maternelle et maternante, altruiste et soucieuse de son entourage. Mais ce qui va faire de Clotilde une femme exceptionnelle est cette capacité à se sonder elle-même. La recherche de sa voix perdue n’est pas son combat prioritaire. Ce qui importe est d’aller chercher au fond d’elle-même ce qu’elle veut vraiment faire de ses dons et de sa vie et non pas ce que son entourage attend d’elle. En atteignant ses aspirations profondes elle draine dans son sillage les gens qu’elle aime et qui évoluent peu à peu pour devenir plus forts, plus harmonieux.

     Si parfois j’ai glissé sur ces vies lisses, je me suis rassurée avec les chamboulements induits par la perte de la voix et par ce qu'en fait Clotilde. Le détournement de l'héroïne de la médecine conventionnelle et sa recherche d'alternatives m'ont séduits.

          La musique et le chant sont omniprésents créant une atmosphère intimiste et un roman mélodieux.


éditions Gaïa -septembre 2010-


merci à Malika de Les trois petits bouquins et le méchant tome qui fait voyager ce livre.


Un premier titre pour le challenge de Anne challengedesnotesetdesm

 


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4 juillet 2013 4 04 /07 /juillet /2013 11:39

 

      Jeanne Fayard se glisse dans l’enfance et l’adolescence de Camille Claudel explorant un versant de la vie de l’artiste moins connu du public.

   Camille est une enfant volontaire, têtue et passionnée. Elle s’affronte quotidiennement à sa mère qui est très à cheval sur les convenances et qui  supporte mal de voir cette fille aînée s’épanouir dans des activités de sculpture, art qui lui semble si mineur . Grâce au soutien inconditionnel de son père, pourtant peu présent pour sa famille, Camille réussit à mener ses projets et à rencontrer Alfred Boucher qui lui présentera quelques années plus tard Auguste Rodin.

         Ce livre a le mérite de dépeindre l’artiste pour elle-même et non pas comme la muse, l’amour d’Auguste Rodin ou l’artiste folle et internée. Cependant, ce livre n’a pas emporté mon adhésion car il lui manque le souffle, la fièvre de l’écriture qui sied si bien à cette artiste, à cette femme rebelle et résolue.

 

Riveneuve éditions-mars 2013

 

 

  Merci à babelio et à Riveneuve éditions pour cet ouvrage.

 

 

 

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