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17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 17:44

l-amour-sans-le-faire.jpeg

    
     Le jour de l’enterrement de son jeune frère, Franck se fâche avec ses parents et part en claquant la porte.

     Dix ans plus tard il leur téléphone et tombe sur une voix enfantine... La surprise s’appelle  Alexandre; elle est haute comme trois pommes, possède une vivacité et une curiosité qui sied bien à son âge.

    Alexandre est le fils de Louise, celle qui fut la compagne du frère décédé. Elle a confié le petit garçon à ses beaux parents qui vivent leur retraite d'agriculteurs en Auvergne.

    Franck décide de renouer avec ses racines et entreprend le voyage vers la ferme familiale.

    Poussée par ses collègues attentionnées de la Scomex où elle travaille Louise s'octroie une semaine de congé.

 

    L'amour sans le faire est la rencontre de ces deux êtres esseulés en proie au doute et au manque de confiance.

    Il y a des livres qui percutent et sont de vraies gifles, à l’inverse il y a des histoires qui sont des caresses. L’amour sans le faire  est de celles-là, la pression d’une main bienveillante qui s’attarde sur l’épaule. Il y a de la délicatesse, de la pudeur et du respect dans ce roman. La force, le miracle de la nature qui font que deux personnes se sentent bien là où la ville peut faire mal. Comme si les vraies valeurs, la source du bonheur pouvaient ne se trouver que là.

     L'amour sans le faire est aussi malice et fraîcheur dans les yeux de ce gamin qui, mine de rien, aide les adultes à se positionner les uns par rapport aux autres.

     Ce roman est un un baume, une huile essentielle qui s'applique par petits massages à même la peau... Faites-vous du bien!


éditions flammarion- août 2012


Si vous préférez une chronique en vers vous avez Avel Bre.

   


 

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10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 11:32

les-amoureux.jpeg

 

      L’enterrement de Jonas, le mari, est le prologue de l’histoire de Sonia Pinget. Sonia préfère s’éclipser après la cérémonie en l’honneur de son mari et rentrer chez elle avec Gabriel, son neveu adulé.

     On ne saura rien de plus sur ce qui fait le quotidien de cette femme cinquantenaire que déjà au bénéfice d’une lettre retrouvée on opère un flash-back qui nous ramène 40 ans en arrière.

     La jeune Sonia, 18 ans, quitte Bordeaux pour réaliser son rêve et suivre, à Paris, des cours de théâtre. Jan, comédien, tombe amoureux d’elle. Cette relation idyllique de deux jeunes qui se la jouent artistes bohème, prend fin lorsque Jan présente Alexandre, son ancien petit ami à Sonia.

 

 

     Un autre petit ami, un changement d'appartement mais sinon c'est la même histoire qui  se répète. Elle l’aime beaucoup, il l’aime aussi. Ils prennent un chat, repeignent la salle de bain, fument beaucoup, vivotent grâce à des petits boulots... Rien d'exaltant!

     L’écriture de Sophie Avon est intéressante et explique pourquoi j’ai réussi à aller jusqu’à la 370ème page. Mais l’histoire de Sonia et de ses amants est navrante et banale. Le but de l’auteure était peut-être de nous décrire l'insouciance des années 80. Mais Sophie Avon reste en surface et sous couvert de légèreté ou de fraîcheur naïve n’approfondit pas cette relation atypique entre hétéro et homosexuel. Sonia apparaît comme une grande gourde, dépendante de ses petits amis voire de ses parents.

    Une histoire qui manque d’authenticité et de panache. La vie de Sonia et de ses petits amis est convenue et manque d’étincelles. Les parenthèses où nous revenons à la vie actuelle de Sonia n’apporte rien au roman et il m’a semblé maladroit dans l'introduction  de notifier l’existence d’Alexandre pour ensuite nous raconter l'amourette de Sonia et Jan. Seule la personnalité un peu fantasque de la soeur de Sonia met du piment dans Les amoureux.

 

éditions Mercvre de France - juin 2012-

 

      Je remercie Babelio pour ce livre et espère une main plus heureuse la prochaine fois.

 

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7 novembre 2012 3 07 /11 /novembre /2012 00:00

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   Home est l’histoire de Franck et de Cee, un frère et une sœur, unis par la misère de leur enfance entre l’indifférence des parents et la haine de la grand-mère. Franck veille inlassablement sur sa sœur, de quatre ans plus jeune, essuie ses larmes et panse ses plaies jusqu’à ce qu'il soit mobilisé et part combattre en Corée. Cee perd son soutien indéfectible, elle est livrée à elle-même. Elle se marie, est aussitôt abandonnée et après plusieurs jobs insatisfaisants échoue dans les griffes d’un médecin qui l’utilise comme cobaye pour ses expériences d’eugénisme.

   Ça fait maintenant un an que Franck est démobilisé. Jamais il ne s’est résolu à prendre le chemin de Lotus en Géorgie pour retrouver famille et voisins. Il ne se sent pas capable d’affronter le regard des familles de Mike et de Stuff, ses amis d’enfance, morts en Corée.

   « Venez vite. Elle mourra si vous tardez » la détresse et l’urgence de ce message remettent Franck sur la route du Sud. Cet appel au secours concerne Cee, Franck doit la retrouver et la sauver.

 

     Home, ma maison, notre maison, plus qu’un lieu, plus qu'un toit Home est un état d’esprit, un endroit où, réconcilié avec soi-même, on peut enfin construire un avenir. Home est ce but au bout du chemin tracé par des pieds souvent nus et meurtris de Franck. Pas une victoire, pas de banderole « Welcome » juste un apaisement, une respiration, un endroit pour se tenir debout.

 

     Un roman mesuré et concis qui peut tour à tour être sur la case blanche ou noire d’un damier, car c’est bien de couleur de peau qu'il s’agit. Dans les années 1950, aux Etats-Unis la ségrégation raciale semble être à son apogée. La population noire est humiliée, chassée, meurtrie, ignorée réduite à une sous population, à de "sous hommes" traités comme des bêtes. 

 

      Toni Morrisson n'est pas dans le réquisitoire ou la dénonciation. Elle déroule son roman au rythme des pas et des réminiscences de Franck. Le passé est entêtant et les images engrangées pendant son enfance en Géorgie puis pendant la guerre de Corée vont jusque créer des scènes de panique chez Franck. Mais la route du retour et de la rédemption est jalonnée de belles rencontres qui nous interdisent de désespérer de la nature humaine. La lente guérison de Cee est un moment très fort et très marquant. Plusieurs femmes de Lotus, sous la conduite d'Ethel, vont se relayer à son chevet pour réparer avec infiniment de maîtrise et de savoir-faire les blessures infligées par le Docteur Beau. La jeune femme est ébranlée dans ses convictions:"Elle (Cee) ne pouvait accéder à la colère - elle avait été tellement idiote, tellement désireuse de faire plaisir. Comme d'habitude, elle mettait sa bêtise sur le compte de son manque d'instruction, mais cette excuse s'écroulait dès l'instant où elle songeait aux femmes expertes qui s'étaient occupées d'elle et l'avaient guéries. Certaines devaient se faire lire des versets de la Bible faute de savoir elles-mêmes déchiffrer les caractères d'imprimerie; ainsi, elles avaient aiguisé les talents propres aux illettrés: mémoire parfaite, esprit photographique, sens aigu de l'odorat et de l'ouïe. Et elles savaient guérir ce qu'un médecin savant et criminel avait saccagé. Si ce n'était pas de l'instruction, alors qu'est-ce que c'était?"

    Un roman habilement construit qui préserve la force dramatique en mettant la survie des personnages au centre de l'histoire.


  Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Christine Laferrière

     éditions Christian Bourgeois - août 2012

 

    Je remercie Oliver et Price Minister.


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4 novembre 2012 7 04 /11 /novembre /2012 10:05

  stop-pub.jpeg


    Lorsque je quitte ma maison pour une semaine ou deux, pour un week-end prolongé ou même lorsque, sans abandonner « my sweet home », je me fâche avec aspiro, éponges et autres chiffons, c’est avec délectation que araignées, cloportes, mouches et moutons envahissent l’espace et signent leur passage. J’ai une fois délogé une chauve-souris et plusieurs fois glissé sur les restes des fêtes adolescentes… La solution est toujours la même : on retrousse les manches, on s’équipe d’un balai, d’une serpillière, on ouvre les fenêtres et sus à l’envahisseur !

    J’ai abandonné Lenn ha dilenn pendant de longues semaines d’inspiration volatile et ici aussi se sont tissées les toiles publicitaires, accumulée la pollution commerciale et mercantile. Les derniers billets rédigés sont occultés par des offres alléchantes de crédit, des propositions de prédictions astrales…

   Je reviens donc, avec mes lectures, mes livres et mes mots repousser et chasser les importuns.

   Kenavo ar c’hentañ!


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4 août 2012 6 04 /08 /août /2012 00:00

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     Claire appréhende de rentrer chez elle, d'y retrouver un homme qu'elle n'aime plus. Avec Kay sa fille de 5 ans, elle prolonge son absence, elles errent dans le quartier de la Défense à Paris, en se délestant peu à peu du contenu de leur encombrante valise.

      Henriette a quitté Léo pour épouser Joseph. Elle se consume d'amour pour un mari qui ne la regarde déjà plus.

       Le vingtième siècle sépare ces deux femmes qui vivent une rupture amoureuse; d'une manière tranchée et sans retour pour la première qui quitte son mari alors que la seconde livre bataille pour ne pas être abandonnée.

 

      Ces deux femmes que réunit Valentine Goby dans son roman souffrent dans leur corps. La fin du désir ouvre une béance dans leur vie et le vertige s'empare d'elles.

       L'écriture ne reflète pas le statisme de la vie de ces femmes. Les mots de Valentine Goby déferlent en avalanche violente et drue. La vacuité de la nouvelle existence de Claire fait écho à celle d'Henriette. L'auteure alterne les chapitres en puisant dans la dernière phrase d'un chapitre le début du suivant et ainsi de suite chapitre après chapitre, Claire après Henriette, Henriette après Claire.

       Des corps en silence explore la fin du désir et dit le désespoir et la tourmente des corps et des esprits. Les mots de Valentine Goby ne calment pas la douleur des ventres qui se tordent, ils sont acides, dévorants et coupent le souffle.

" Ne pas atténuer la gravité des faits, leur brutalité, leurs conséquences, accepter le dos endolori, les muscles qui tirent sur les cuisses, la tête lourde et la migraine, lancinante, les larmes aux pointes d'aiguilles sous les paupières, l'envie de vomir à force de contracter la gorge, la tentation par moments de mourir."

     

  Des corps en silence est une lecture commune proposée par Anis

et agréée par Malika, Philisine qui m'a mis le livre entre les mains in extrêmis -merci- et

Miss Léo.

 

 

Editions Folio - août 2011-

 


 

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31 juillet 2012 2 31 /07 /juillet /2012 13:57

nos-vies.jpg

     Le jour où François Vallier, un célèbre pianiste, découvre sur son site internet le message d’un admirateur, il devine qu’il a retrouvé la trace de Sophie.

     Mais qui est cette Sophie qui semble cristalliser tout à coup toutes les pensées et influencer les actes du musicien ? Qui est-elle pour que soudainement François annule les concerts programmés depuis longtemps, qu’il efface sa relation avec Cristina et oublie de répondre à Bogovski son agent ?

 

     Cet homme plutôt fade et quelconque qui laisse volontiers les autres tenir les rênes de sa vie va tout plaquer pour retrouver Sophie:

«  Sophie. Epiphanie et Orient de mon désir. »

« Sophie. Ma danse. »

« Sophie. Mon Ariane. La source et le feu de mon univers. »

« Sophie. Ma tempête. »

   Avec la même pugnacité et la même endurance que lorsqu'il joue sur son Steinway, François décuple son énergie, multiplie les démarches pour renouer les fils de leurs vies.

 

     Après avoir élu Les heures silencieuses coup de coeur 2011, j'étais impatiente de découvrir la deuxième sonate de Gaëlle Josse.

     Avec la même finesse et la même profondeur que dans son premier roman, l'auteure nous révèle ici l'histoire tourmentée et dramatique de ce couple désaccordé. Avec beaucoup de délicatesse et de musicalité, on suit François dans les prémices de cette passion brûlante puis dans sa quête qui le mène dans la chambre d'un hôpital psychiatrique.

        Gaëlle Josse met beaucoup de temps à installer le décor de cette belle histoire et le lecteur prend le risque de manquer le rendez-vous fixé par ce duo. Une petite dissonance qui n'altère pas ce beau roman d'amour et de réparation.

 

Editions Autrement - mars 2012 -


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24 juin 2012 7 24 /06 /juin /2012 09:02

neige.jpg

     Avril 1884, Yuko, 17 ans, vit avec son père, prêtre shintoïsme, sur l'île d'Hokkaidō au Japon. Initié très tôt à l'amour de la nature et à l'art du haïku, Yuko devient poète interrompant les traditions d'une longue lignée familiale de prêtres et de guerriers.

    Inspiré par la blancheur et la pureté de la neige Yuko compose de magnifiques poèmes qu'il couche sur du papier de soie.  

     « La neige est un poème, un poème d’une blancheur éclatante; là où vivait Yuko la neige était la poésie de l’hiver. »

     Pour donner de la couleur à ses vers et à sa poésie, Yuko entreprend un grand voyage au delà des Alpes japonaises, à la rencontre de Sôseki le vieux maître aveugle qui détient les clés de l’art infini. 

     Horoshi, l'ami fidèle et le confident de Sôseki, révèle à Yuko l’histoire secrète de son maître:

     Jeune homme, Sôseki, le samouraï, tomba amoureux fou d’une jeune funambuliste française Neige. La jeune femme épousa Sôseki et mit au monde « Flocon du printemps ». Mais l’appel de la corde raide retentit dans la vie de cette jeune mère qui entreprit de rallier les sommets de deux montagnes sur le fil tendu. Le fil se rompit tuant l’oiseau blanc qui disparut dans la profondeur d’une crevasse.   

      Après l'accident, Sôseki abandonne sa carrière de samouraï et devient artiste pour peindre et continuer à faire vivre le visage aimé.

      Après une année passée près du grand maître Yuko rentre chez son père et devient un poète accompli.

 

 Neige est la rencontre initiatique entre un jeune homme épris de pureté et de poésie et un vieil homme sage et philosophe mais meurtri par la mort de son amour. Maxence Fermine cisèle un écrin naturel fait de glace et de transparence dans le Japon du XIX ème siècle pour insérer cette belle histoire de transmission et d'amour. 

Neige est une porte ouverte sur l’art de créer des haïkus. Ces petits poèmes de 17 syllabes prennent leur source dans la nature et expriment la vision du monde interprétée par les poètes japonais. Le haïku s'occidentalise et se modernise depuis le 20ème siècle.

   La voix de Marc Hamon s’accorde bien à la lenteur et à la poésie de ce récit. La musique jouée sur ce qui semble être une flûte de bambou et qui ponctue le récit apporte détente et respiration et répond à la voix neutre du conteur. J'ai aimé dérouler ce mystérieux parchemin et admirer la beauté de cette estampe japonaise.

   Dans ce roman bref comme un haïku, le balancier tenu par la fildefériste inspire Maxence Fermine qui oscille lui aussi sur le fil de son imaginaire pour créer l'harmonie.

   Un beau roman pour les amoureux de poésie et de paysages enneigés du Japon.

 

Texte intégral 1.20h, lu par Marc Hamon -mai 2012 (livre audio) -

 

merci à "Le livre qui parle", j'ai particulièrement apprécié le bercement zen et à Babelio fidèle pourvoyeur de bons ouvrages.

 




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3 juin 2012 7 03 /06 /juin /2012 00:00

  fleurs-2.jpeg

 

Bouquet

 

Elle trouvait

les lys

trop lisses

et les lilas

trop las

 

Elle trouvait

les muguets

trop gais

et les ombelles

trop belles

 

Elle trouvait

les coquelourdes

trop lourdes

et les campanules

trop nulles

 

Il lui offrit

un bouquet

de simples.

 


remontants                 Remontants et ricochets

                                   Jean-ClaudeTouzeil

 


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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 15:12

 

Pourquoi-j-ai-tue-Pierre.jpg

     Olivier, enfant, passe ses vacances chez ses grands parents en Belgique et les accompagne quotidiennement à la messe. Il baigne dans un univers religieux où l'enfer est promis à ceux qui font de vilaines choses.

    Les parents d'Olivier sont agnostiques, prônent la liberté sexuelle mais ne s'opposent pas à leurs parents lorsque Olivier fait sa première communion.

      La famille d’Olivier rencontre Pierre, prêtre itinérant, et l’accueille en toute amitié.

"C'est un curé marrant. Il joue de la guitare pendant l'office, il a une belle voix, un gros ventre et une barbe de nain de jardin. Il est habillé en jean et chemise. C'est l'inverse du vieux prêtre à l'ancienne, sévère, en soutane."

     Pierre a des idées larges, tolérantes et fait l'unanimité auprès des trois générations. Il devient un ami, un oncle...

     Il propose au jeune Olivier de participer au  camp d’été qu’il anime. Olivier est heureux et fier de l’amitié et de l’attention que lui prodigue Pierre. Ce rendez-vous estival va devenir une habitude. Mais l’été de ses 12 ans, le prêtre, sous prétexte de se relaxer avant l’endormissement, propose à Olivier des massages bien particuliers...

     Olivier a 15 ans et campe pour la dernière fois à "joyeuse rivière". Sa vie prendra dès lors une tournure chaotique.

 

     Ce qui étonne et frappe dans l’histoire d’Olivier c’est le grand écart entre la vie de dévots pratiquants des grands-parents et le style « baba cool » et libertin des parents. Pierre, le curé, représente le trait d’union entre ces deux styles de vie, c’est un religieux avec une grande liberté d’esprit; il fréquente et aide des réfugiés politiques. Olivier lui voue une admiration sans limites: "Pierre, parmi tous ses dons, a celui de nous rendre heureux, par une simple tape sur l'épaule, par un petit sourire, un clin d'oeil... Tout le monde l'adore Pierre. Moi peut-être plus que les autres d'ailleurs-"

      Le piedestal sur lequel l'adolescent de 12 ans place Pierre, ne vacille même pas après cette nuit d'attouchements. Olivier accepte de garder le secret et d'oublier.


         Le texte autobiographique et les dessins d'Alfred font corps et se confondent pour vomir le souvenir de cette nuit d'été. Souvenirs après souvenirs, dessins après dessins, Olivier prépare la mort de Pierre pour se délivrer enfin de son cauchemar.

        Le sujet est dérangeant et troublant mais il est traité avec sobriété et pudeur par le narrateur qui ne stigmatise personne. La violence est dans le choix des couleurs ou dans l'agencement des dessins qui se désorganisent et se télescopent.

 

Editions DELCOURT - septembre 2006-


 

L'avis de Violette, la tentatrice.

 


     

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18 mai 2012 5 18 /05 /mai /2012 13:14

les_amandes_vertes.jpg

 

    Les amandes vertes sont les lettres que s’échangent les réalisatrices de cette bande dessinée en 2008 lorsque Anaële part en Palestine pour huit mois. Delphine, sa soeur, restée à Liège, lui écrit régulièrement.

    Volontaire dans un centre de jeunes à Nazareth, Anaële est confrontée chaque jour à la lourdeur des contrôles: " J'ai d'abord dû traverser le checkpoint. J'avais l'impression de descendre dans les entrailles d'une bête. Après avoir montré mon passeport, traversé de nombreux couloirs, j'arrive dans un grand hangar. J'attends dans la file. A chaque fois que la lumière verte s'allume, trois personnes passent. Derrière le tourniquet il y a un détecteur de métaux...

- c'est l'un des endroits les plus ridicules au monde...

- oui, difficile d'imaginer plus absurde."

  Anaële met à profit son séjour au Moyen-Orient pour s'imprégner du quotidien des habitants, elle partage certains rituels lors des repas et fêtes, apprend un peu l'arabe et gagne peu à peu la confiance des palestiniens. Elle dispose d'un réseau amical très large qui l'accueille et lui fait découvrir la réalité crue et quotidienne du conflit: armes pointées, tours de contrôle, murs, barbelés et couvre-feux interminables. Elle revient très ébranlée du camp de réfugiés de Dheisheh:

« Dheisheh ressemble à tous les camps de Cisjordanie : un labyrinthe de ruelles étroites, des maisons en béton qui s’élèvent sur plusieurs étages et empêchent la lumière de passer, des graffiti, des posters de martyrs, des gens qui passent leur vie dans un lieu conçu pour être provisoire. »

   Les images éprouvantes et désolantes affectent Anaële qui contrebalance son propos avec humour et l'allège en mettant en avant la gentillesse, la chaleur et le sens de la fête des palestiniens.

   Elle souffre et s'insurge devant le fatalisme de ces gens qui trouvent normal les exactions faites à leur encontre. "Tu ne pourrais pas comprendre" lui lance son ami Majdi qui exprime ainsi le fossé qui sépare nos deux histoires, nos deux cultures.

 

     Delphine et Anaële Hermans conjuguent leurs talents - le dessin pour la première l'écriture pour la seconde- pour réaliser une BD émouvante. Le trait est naïf mais révèle des dessins explicites qui portent bien les propos réalistes et troublants.

    Il ne faut pas chercher dans Les amandes vertes des réponses claires ou didactiques au conflit israélo palestinien. C'est un regard sans préjugé ou parti-pris d'une jeune européenne sur un conflit complexe et interminable. Cet ouvrage est un bel hommage aux volontaires qui oeuvrent pour aider les populations victimes des luttes armées, aux quatre coins de notre planète.

« C’est ça aussi les voyages ; rencontrer des gens qu’on ne reverra pas mais qui nous bouleversent… »

     Les amandes vertes Lettres de Palestine a été récompensé par le prix Médecins sans Frontières 2011 aux rendez-vous du Carnet de voyage.

 

éditions Warum- janvier 2011

 

Je remercie les éditions Warum et babelio 

 



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