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4 mars 2011 5 04 /03 /mars /2011 00:00

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     Danses de guerre. Un homme découvre que ce qu’il croyait être un insecte caché dans l’orifice de son conduit auditif est le symptôme d’une tumeur au cerveau. Son passage obligé dans les services médicaux lui rappelle les derniers instants de son père avant que le diabète et l’alcool ne l’emportent à tout jamais.

« J’ai pensé à la vie de mon père : il avait six ans quand son propre père a été tué à la Seconde Guerre mondiale. Puis sa mère, atteinte de tuberculose, est morte quelques mois plus tard. A six ans, mon père était vidé, détruit. Sous maints aspects, il n’a jamais cessé d’avoir six ans. Il n’existait aucune religion, aucun tour de magie, aucune chanson ou danse capable d’aider mon père. »

La ballade de Paul Néanmoins. Traumatisé par les accouchements de sa femme, Paul ne peut plus imaginer coucher avec elle ; il drague de belles inconnues dans les aéroports. Nostalgique des années 60, il vend des vêtements vintage et ponctue tous ses états d’âme de références musicales.  « Il y avait des codes à respecter : un homme repoussé par une belle inconnue doit chanter de la blue-eyed soul ; un homme grisé par la solitude des incessants voyages en avion doit chanter du Mississipi delta blues ; un homme qui cherche à se venger doit siffler la bande-son du "Bon, la brute et le truand"; un homme dont le père et la mère sont morts à trois mois d’intervalle doit chanter « Oklahoma ! Oklahoma Okay ! » de Rogers et Hammerstein. »

Sel. Un jeune stagiaire du journal Spokesman-Review se retrouve à faire la rubrique chronologique de sa chef décédée d’un cancer.

« -   Pourquoi moi ? demandai-je au rédacteur en chef. C’était un ventre à pizzas et à bière monté sur un manche à balai.

   -    Je ne sais pas, répondit-il. C’est ce qu’elle voulait.

   -    Mais je ne la connaissais même pas.

   -    C’était un drôle d’oiseau.

J’aurais aimé qu’il m’explique la différence entre un drôle d’oiseau et un oiseau normal ? Mais c’était un blanc dépourvu d’humour qui détenait le pouvoir ? Tandis que je n’étais qu’un jeune indien des réserves et un stagiaire. On m’admirait peut-être pour ma ténacité liée à mon ethnie, mais on me tolérait à peine pour mon arrogance liée à ma jeunesse. »

 

     J’ai beaucoup aimé deux nouvelles du recueil : Danses de guerre et Sel. Le narrateur est un indien Spokane dans les deux cas, tout comme Sherman Alexie, l’écrivain, qui a grandi dans la réserve du même nom.

     Le ton est persifleur, la parole ironique et sarcastique. Les nombreux dialogues donnent beaucoup de vivacité et de mordant au récit qui aborde des sujets graves (le racisme, les ravages de la drogue, la maladie, la parentalité).

     Mais ce livre m’a paru déroutant tant par la forme que par le contenu. Je suis restée en marge de certaines nouvelles (le fils du sénateur), déboussolée par les « poèmes » intercalées entre les récits. J’ai trouvée sa poésie inachevée, brute et dispensable.


Terres d'Amérique, Albin Michel - février 2011- 


Merci aux partenaires: BOB et les éditions Albin Michel.

L'avis de Hélène.

 

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16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 10:36

supermarché

 

Dis-moi ce que tu mets dans ton caddie, je te dirai qui tu es.

 

    

 

     « Au rayon laitages, un homme brun à barbichette, en survêtements et baskets, l’air décidé

      Il ne prend pas n’importe quel dessert. Il sait exactement ce qu’il cherche, c’est très précis. Ses yeux sont un peu tristes, ou c’est la forme de son visage qui est mélancolique à cause de ses paupières tombantes. Il a salué de la main plusieurs clients du magasin, mais il ne s’arrête pas pour parler, trop pressé sans doute. Ce doit être son travail de savoir qui est qui. Quelquefois, les gens ne le reconnaissent pas tout de suite, parce qu’il est sans son uniforme. »

   Bertrand, le facteur, doit aujourd’hui garder Simon afin que Jeanne puisse se libérer une heure pour aller chez le coiffeur. C’est Jeanne qui sait comment l’occuper, comment lui parler, comment le rassurer, car Simon n’est pas un enfant comme les autres, il s’exprime par cris et se cogne pour exprimer sa désapprobation. Mais lorsque Simon, jouant avec ses cartes et montrant le valet de cœur, esquisse le mot papa, alors chavire le cœur du facteur.


    C'est un titre que j’avais repéré en tête de gondole de plusieurs blogs et qui me tentait bien.

    Le concept du livre est original : se poster dans un supermarché de quartier non pas pour y remplir son chariot mais pour observer les clients , habitués ou non, et à partir de leur comportement, leur posture ou les produits déposés dans le caddie, imaginer leurs vies. Après être passé à la caisse (où l’on n’est pas toujours bien reçu), on suit ces hommes, ces femmes au travail ou chez eux pour partager un moment de leur intimité, un moment de leur vie.

      L’auteure croise les gens que nous aussi nous rencontrons dans les allées des supermarchés, les pressés, les énervés, les bavards, les triturés, les timides, elle ne se contente pas de les observer remplir les caddies, elle les suit dans leur quotidien et recueille leurs pensées.

      Ce sont des gens de rien, des gens qui ne font pas de bruit, avancent à petits pas, saluent parfois les voisins et repartent ranger leurs produits frais dans le frigo.

     Avec humour, tendresse et simplicité, Christine Jeanney décline, en autant de petites nouvelles, dix-huit portraits de gens ordinaires.


 éditions Quadrature- septembre 2010- 

 

Les avis de Sylire que je remercie pour le prêt et de Schlabaya.

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28 décembre 2010 2 28 /12 /décembre /2010 18:29

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      Le livre numérique de Bruno Gaia s’articule en deux parties: la première est un court roman Intense navette et la seconde Mensonges sans ordre apparent regroupe cinq courtes nouvelles.


      Intense navette

      C’est la présence d’un malheureux cure-dent dans un fromage qui précipite Georges et Paul dans les affres du chômage. La vieille personne qui voulait en faire son repas a été asphyxiée par cet obstacle inattendu et sa petite fille, journaliste, en a fait tout un fromage accélérant la disparition de la petite entreprise où travaillaient Paul, chef du service-client et Georges, simple employé.

     Alors que cet incident professionnel fait sombrer Paul dans la dépression , il  propulse Georges vers un nouveau job et le fait grimper dans l’ascenseur social. Son poste de cadre commercial l’oblige à soigner son apparence physique et l’amène à fréquenter un club de fitness.

     Catherine, la femme de Paul, serveuse de métier, commence à se lasser de son mari dépressif, dont la libido est en chute libre et commence à regarder ses clients d’un œil neuf.

      Ces deux là vont, en plus de se rencontrer au bar, se fréquenter dans leur club de fitness. Catherine trompe Paul avec Georges puis finit par quitter le domicile conjugal.

     Juliette, la sœur de Paul, tel le bon samaritain, accourt pour remonter le moral de Paul, le remettre en selle puis l’aider à trouver du travail. Il dégotte un emploi de chauffeur de bus, accepte une réduction de salaire et conduit les usagers du centre ville à la zone périphérique où ils travaillent.

     Comme deux seaux dans un puits, Paul et Georges vont se croiser à plusieurs reprises -mais sans jamais se lier- au gré des fluctuations de leurs vies privées et professionnelles.


L’auteur

   Bruno Gaia est né en 1975, Au hasard est sa première œuvre publiée.

   Il commence à écrire dès l’enfance et, y voyant une relation des plus directes avec sa passion, se destine à une carrière d’enseignant dès le lycée.

   Les hasards de la vie lui font pourtant passer un diplôme de commerce et connaître de nombreuses expériences, souvent fructueuses, dans ce domaine pour payer ses études ultérieures. Il en gardera un intérêt aigu pour les choses du capitalisme, de la politique, et de la sociologie en général. 

Mon avis

 La lecture de Au hasard fut longue et laborieuse. La lecture sur écran n’est pas confortable et crée une distance avec les mots. Le livre en tant qu’objet m’a manqué.

   La plume de Bruno Gaia est caustique et acide. Il égratigne tout ce qui constitue notre société civilisée et pose un regard cynique sur les conventions socialement admises : le travail, l’argent, la consommation, le mariage… L’air de rien il épingle tous les travers, les futilités de notre quotidien. Pour étayer son propos, il choisit des personnages un peu falots, engoncés dans leur vie étroite et précaire et qui avancent dans l'existence comme des petits robots en faisant parfois un pas de travers ou un pas de trop.

   J'ai aimé cette histoire de destins croisés, ces personnalités qui se délitent ou se bonifient selon les aléas de la vie.

   Les digressions continuelles de l'auteur font partie de l’écriture et apportent une touche déjantée à un propos déjà bien décalé. Les notes de bas de pages sont dans le même esprit et renforcent l'humour et l’ironie bien présentes dans le récit.

 "Fitness : concept anglo-saxon désignant un instrument de torture physique pour ceux qui le pratiquent et de torture mentale pour ceux qui ne le pratiquent pas."

 "Open Space : système de management par l’organisation de l’espace de travail qui consiste à aligner des bureaux dans un espace sans murs (d’où le nom) afin que tous puissent voir si le collègue d’à côté lambine, histoire d’avoir la possibilité de le cafarder ; tout en sentant sans cesse le regard dudit collègue qui n’attend qu’une occasion pour faire de même… Ravissant, n’est-ce pas ?"


Je remercie les éditions EP & LA Arès et Thomas Dreneau pour l’envoi de ce livre.

LOGO_EP-LA_CMJN.jpg  - août 2010

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30 septembre 2010 4 30 /09 /septembre /2010 15:36

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   NOUS,  LES FEMMES

 

   Quatorze fois

   Tu me fais un petit bisou ? On va se prendre un petit café ? Je fume une petite clope et on y va. Si on se faisait un petit ciné ce soir ? Ou alors on reste tranquilles avec un bon petit bouquin. Devant un petit feu… Tu sais ce qui me ferait plaisir, pour les vacances ? C’est un petit voyage en Italie. T’as vu mon petit haut ? Je vais te faire une petite pipe. T’as un petit air bizarre…

   En dix minutes, elle a trouvé le moyen de dire petit au moins quatorze fois. Quelque chose me dit que je ne vais rien vivre de grand avec cette fille.

 

VOUS,  LES HOMMES

 

Perdu

   J’ai perdu ma femme parce que j’ai perdu ma libido. J’ai perdu ma maison parce qu’elle était au nom de ma femme et qu’elle m’a foutu dehors. J’ai perdu dix ans de ma vie parce que j’aurais jamais dû épouser cette salope. J’ai perdu mon boulot parce que j’ai perdu ma femme et ma maison et que je devenais complètement chèvre. J’ai perdu ma voiture parce que j’ai perdu mon boulot et que j’avais besoin d’argent. J’ai perdu mes papiers parce que j’ai pris une énorme cuite et que je ne sais plus ce que j’ai fait. Et j’ai perdu les derniers billets qui me restaient parce que j’ai joué au PMU. J’ai misé sur un outsider, Où va-t-il il s’appelait, il était à vingt-sept contre un, j’aurais pu me refaire et repartir du bon pied, mais bon, il a perdu, ce con.

 

 

Attention phénomène !

   Laissez tomber ce que vous étiez en train de faire et précipitez-vous sur ce livre. Vous ne connaissez peut être pas David Thomas, mais lui il nous connaît  et même très bien! Dans la patience des buffles sous la pluie il épingle tous nos petits travers, nos petites manies, nos petits défauts, tares et vices. Aïe, aïe huit fois en quelques lignes ! Quelque chose me dit que ce ne sera pas un grand billet.

   Soixante dix nouvelles, des courtes, des moyennes et des pas longues qui se lisent d’un trait et toujours le sourire aux lèvres.

  Merci Hélène de m’avoir donné l’occasion de découvrir cette pépite.

 

Bernard Pascuito-éditeur- janvier 2009

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