Lectures et gourmandises.
Après avoir été complices pendant leur enfance Sarah et Nathan ont peu à peu desserré les liens forts qui les unissaient. Nathan ne retrouve plus sa sœur dans cette jeune femme mariée, maman de deux enfants et propriétaire d’un bel et grand appartement ; l’embourgeoisement de Sarah ne correspond pas à l’esprit rebelle, angoissé, ballotté de Nathan qui reste au bord du chemin, incompris et fragile.
C’est au Japon que Sarah se réfugie pour tenter d’expliquer, de comprendre la vie et la mort de Nathan son « jumeau ». Elle s’accorde ce voyage, nécessaire après cette mort violente qui déchire des pans de son existence paisible, conformiste et sécurisée.
Elle y fait plusieurs rencontres près de ces mystérieuses falaises là où viennent se fracasser les corps des désespérés. Elle veut dans le regard, la parole, les gestes de ces personnes retrouver son frère. La main rassurante de Natsume Dombori, cet homme au grand cœur qui accueille les cabossés de la vie, les candidats au suicide, se pose avec douceur et fermeté sur l’épaule de Sarah.
Par la remise en cause de son choix de vie, les réflexions sur ses valeurs profondes elle va réussir à émerger du puits sans fond dans lequel elle tournoyait depuis la mort de son frère.
Olivier Adam décrit avec justesse la douleur de Sarah, cette douleur toute intérieure due à la double perte de Nathan et à l’indifférence qui s’installe entre elle et les siens. Avec simplicité et fluidité, l’auteur promène sa plume entre les paysages maritimes du Japon et les réflexions de Sarah qui émaillent toute l’histoire. Le texte est un miroir pour le lecteur et ses questions sur le deuil, les liens familiaux, le travail, deviennent nos questions.
Merci Thérèse pour le prêt de ce livre (hélas non-dédicacé!).
Editions de l’Olivier- Août 2010