Lectures et gourmandises.
Antoine Guibert répond à une petite annonce stipulant la présence d’un infirmier-écrivain près de Rosa Bosquet, vieille dame handicapée et obèse qui ne quitte plus son lit et souhaite écrire ses mémoires. Arrivé à Gourdaix, il rencontre Laura, la nièce de la patiente, qui délègue avec soulagement les soins auprès de sa tante.
L’arrivée d’Antoine dans ce petit coin perdu du sud de la France ne doit rien au hasard. Depuis de nombreuses années Antoine traque Rosa Bosquet afin qu’elle réponde des crimes perpétrés en Haïti il y a quarante ans.
Dès les premières pages, et malgré le cadre idyllique du bord de mer, « Entre mer et montagne, Gourdaix domine toute la côte, vue imprenable, site admirable, rocher isolé au cour de la Méditerranée ; Gourdaix, la plus belle carte postale du midi ! » on devine que l’on va assister à un déferlement de violence. Antoine décline immédiatement son identité et son dessein : il souhaite venger les membres de sa famille torturés et tués par les sbires du gouvernement Duvalier dont Rosa était un pilier.
« On dit des alligators qu’ils sont sans pitié, elle doit être de la même race qu’eux : un reptile féroce, venimeux et cruel comme seuls peuvent l’être ces animaux. »
Un alligator nommé Rosa revient sur les années Duvalier en Haïti et sa politique sanglante de répression. On entre dans les coulisses de la dictature et on découvre l’horreur des exactions prodiguées par les tontons macoutes et les femmes choches envers les opposants au régime.
Dans la première partie l’auteure base son récit sur l’esprit de vengeance qui anime Antoine et le fait sombrer dans un état hystérique proche de la folie. Dans la seconde partie Laura raconte ce que fut sa jeunesse dans le giron de sa tante qui souhaitait la voir rejoindre le parti de Duvalier. Ils vont unir leurs rancoeurs pour chercher une solution juste et méritée.
Voilà un livre qui m’a vraiment dérangé. Cette lecture m’a mis le cœur au bord des lèvres. L’auteure fait étalage d’horreurs, de monstruosités et de supplices ; certaines descriptions sont insoutenables. Elle utilise des mots crus qui claquent et qui choquent.
Je n'ai pas ressenti d'empathie pour cet homme qui répond aux crimes de son bourreau par une démence verbale. Le dénouement de l'histoire m'a décontenancée.
éditions Vents d'ailleurs - février 2011-
Des avis plus élogieux chez Skritt et Gangoueus
merci à Vents d'ailleurs et à BOB et désolée pour cette rencontre manquée.