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23 février 2014 7 23 /02 /février /2014 07:25

Cinq femmes chinoises par Pelletier

Ciel dans l'eau, poisson dans les arbres

     Xiu nait en 1957 et est, très jeune, enrôlée dans une école de gymnastique. Les privations alimentaires, les étirements pour allonger son corps, la discipline quasi militaire de l'école lui forgent le corps et le caractère. Lorsque adulte, elle devra échapper à la violence et à l'ivresse de son mari les compétences acquises enfant l'aideront à conquérir son indépendance et à gagner sa vie.

Quand il n'y a plus d'arbres, il n'y a plus de singes

      Daxia, fille de Xiu, nait en 1979 près de Shangaï. Le fleuve mitoyen est son terrain de jeu, et devient son refuge quand la violence de son père et la peur de sa mère la dégoûtent. Adolescente elle montre des aptitudes pour le calcul et se passionne pour la façon "d'empiler des logements" , elle entreprend des études d'architecte. Elle s'enrichit en travaillant dans un prestigieux groupe immobilier à Pékin.

Dans la boue pousse la jolie fleur

      Mei nait en 1981. Elle est l'amie, "la petite larve", de Daxia. Elles sont toutes deux nostalgiques de la rivière de leur enfance mais se révèlent très différentes dans leurs priorités. La mode vestimentaire n'a pas de secret pour Mei qui souhaite en faire son métier. Elle deviendra l'amante de Fang, la patronne de Daxia.

Avec le temps, la feuille du mûrier devient de la soie

     Fang nait en 1960. Les morts violentes de son grand-père puis de ses parents vont marquer l'enfant puis la jeune femme qui mettra du temps avant de prendre sa destinée en main. L'héritage qu'elle perçoit au décès de son mari la propulse à la tête d'une entreprise immobilière.

Seuls les oiseaux chantent suspendus dans des cages

      Baoying nait en 1980. Enfant, elle se passionne pour la cuisine dans le restaurant que tient son père et note soigneusement les recettes. Elle espère prendre sa suite mais à la mort de son père, elle est chassée. La désolation et la misère deviennent son quotidien avant qu'elle ne rencontre Dewei, un ami de son père qui l'aidera à reprendre le restaurant familial. En épousant Dewei elle devient la belle-sœur de Fang.


     Ces cinq destins féminins sont liés entre eux par des liens familiaux, professionnels, d'amitié ou amoureux. Suivre ces femmes équivaut à remonter le fil des cinquante dernières années en Chine. En faisant fi de leur passé misérable et famélique elles saisissent l’opportunité de nouvelles règles économiques et s’érigent chefs d’entreprise.

     En écrivant une page sur la Chine et sur la femme chinoise moderne Chantal Pelletier sape nos références culturelles traditionnelles. Elle donne à voir un empire en pleine mutation économique, familiale et sociale.

     L'auteure écrit à toute vitesse comme si le destin de ces femmes ne pouvait s'embarrasser de détours, il faut rapidement se délester de ces enfances miteuses, mettre des œillères, ne pas regarder derrière soi, on risquerait un faux pas, un apitoiement mal venu qui freinerait les ambitions. A l'instar de ces femmes endurcies le lecteur se blinde pour ne pas souffrir d'un trop plein d'empathie.

     Un livre instructif pour faire évoluer nos poncifs sur ce pays. L'insensibilité que j'ai ressenti pendant la lecture est dûe au style de l'auteure et sert bien cette histoire très réaliste.

     A découvrir pour la femme et pour la Chine.

 

  Editions Joëlle Losfeld -mars 2013


  Lu pour le prix Cezam 2014, prix littéraire des comités d'entreprise.

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Published by Fransoaz - dans roman français
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commentaires

dames 15/04/2014 12:54

Je n'ai pas encore eu l'occasion de lire un de ses romans, mais j'ai beaucoup aimé quelques uns de ses polars comme More is less ou Le chant du bouc, donc je pense que je vais tenter celui-là très
bientôt.

Fransoaz 17/04/2014 20:44



Merci pour ces références et pour votre passage ici. Je ne connaissais pas l'auteure avant de lire ce roman.



sous les galets 26/02/2014 10:15

Je le note...ton billet est parfait, il présente vraiment bien le livre.

Fransoaz 27/02/2014 14:51



Merci Galéa.


C'est court, concis, facile à lire et change le regard sur la femme chinoise.



jerome 25/02/2014 07:02

Un peu dommage quand même ce sentiment d'insensibilité que tu soulignes.

Fransoaz 27/02/2014 14:49



Ce fut ma première mais pas ma dernière impression. Si on commence à s'apitoyer sur le sort de ces femmes on n'avance pas!



Alex-Mot-à-Mots 24/02/2014 12:24

Le style a l'air un peu froid, tout de même.

Fransoaz 27/02/2014 14:48



Un style coupant et un peu sec mais nécessaire!



gambadou 24/02/2014 09:49

Un livre qui a l'air intéressant mais j'ai peur qu'il soit un peu lassant, non ?

Fransoaz 27/02/2014 14:46



C'est un livre qui se lit vite, c'est fluide et pas du tout lassant.



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