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23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 12:00

Jardin août 2011 004 Jardin août 2011 014

Parler de toi, Nukum

Parler de toi, Nukum
C'est honorer le vent qui t'a vue naître
C'est remercier toutes les saisons qui t'ont aimée
C'est rêver doucement aux petits fruits sauvages
Que tu as cueillis avec respect et sagesse
C'est sentir la mer salée qui a parfumé ton visage
C'est prier dans le silence des bois avec foi
C'est caresser le tapis de sapin de demain
C'est écouter mon coeur pour mieux te retrouver
C'est toucher tous les moments grands ou petits
Que nous avons partagés.

Tu sais, Nikaui
Même les rivières murmurent ton nom jusqu'à nous
Même les arbres s'habillent en cet hiver si doux
Même le soleil brille avec espoir dans le ciel
Même l'aigle royal s'envole vers ta beauté
Même le feu sacré s'illumine dans la toundra
Même les aurores boréales dansent pour toi
Même moi, je veux te dire que t'aime, Nikaui
Et je continuerai à marcher comme un vrai innu
Fier de ses origines et perpétuant la tradition.

Pour nous, Nikaui
Tu as la force d'un vol d'outardes au printemps
Tu as la grâce d'un lever de soleil en été
Tu as la beauté d'un arc-en-ciel après la pluie
Tu es la fraîcheur du souffle d'un enfant
Tu es la lumière qui passe au travers des nuages
Tu as tout donné pour que nous soyons une famille.

 

Rita Mestokosho

PHOTOS-2978.JPG


 

 


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15 mai 2014 4 15 /05 /mai /2014 06:00

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           20

      Les visages des enfants sont

      les sourires du coeur

      ils ont goût de Nutella

      Leurs joues

      sont des fraises des bois

      Leurs bouches sont des lotus sacrés

      Leurs mains sont des brins de violette

      et leurs rêves sont la soie de la vie

 

     Sacha, Luna, Patricia, Emilie, Lucie

     Guillaume, Sinan, Mathieu, Ryan, Samer

     Fatima, Sarah

     Shéhérazade

     Syrine

     Firouzeh

     Qu'importe le nom qu'ils portent

     Qu'importe leur couleur

     Qu'importe leur religion

     Ils sont

     L'étreinte du ciel et de la terre.

 

 

Editions Bruno Doucey - février 2012-

 

Chez Asphodèle poésie du jeudi



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3 avril 2014 4 03 /04 /avril /2014 06:00

     Pour le rendez-vous en poésie d'Asphodèle, je choisis cette semaine le texte d'un écrivain qui vit et écrit dans le Finistère, Gérard Le Gouic.

Un "Tro Breiz" comme un clin d'oeil au "Tro Sant-Jakez", le pélerinage de Alix Saint-André dans En avant, route!

        Le Tro Breiz (tour de Bretagne) est une boucle de sept étapes qui mène les pèlerins dans les villes créées par les saints fondateurs de la Bretagne.

tro-breiz-2.jpg

 

Le Tro Breiz passe.

les chemins de terre

et de clair-obscur se déchirent.

Les chapelles frémissent

d'un froissement d'abeilles

et leurs saints dédicacent

des sourires d'énigme.

Dans la paume des fontaines

s'inversent la menthe et le ciel.

 

Les pèlerins cheminent

par le travers des champs

comme une famille en transhumance,

comme en dehors de ses frontières

une famille de lumière.

 

Les voyageurs aux semelles de sang

avancent, peinent, entrevoient

dans le monologue de la longue foule

au-dessus des blés et des genêts,

émus par la sollicitude des ruisseaux, des haies,

attentifs à leur propre visage intérieur

qui émerge lentement d'une glaise.

 

Le Tro Breiz

continue, n'en finit pas.

Le Tro Breiz passe.

(août 2000)

 

      Extrait de A l'abri de la tempête

- éditions La part Commune; quatrième trimestre 2007-

Chez Asphodèle poésie du jeudi

 


 


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13 mars 2014 4 13 /03 /mars /2014 06:00

Chez Asphodèle poésie du jeudi

      Evelyne Trouillot est née en 1954 en Haïti. Après des études universitaires en langues et en sciences de l'éducation aux USA, elle est de retour dans son pays natal. Depuis 1987, elle vit à Port au Prince où elle enseigne et anime des ateliers d'écriture. Elle est cofondatrice (avec ses frères et sœurs) de la fondation Anne Marie Morisset qui oeuvre pour l'enrichissement culturel des jeunes haïtiens.

     Evelyne Trouillot écrit des nouvelles, des romans, des pièces de théâtre et aussi de la poésie où dans la douleur elle dévoile ses convictions profondes.

 

     Par la fissure de mes mots est un petit et mince recueil où chaque poème, chaque mot exprime l’amour sensuel et charnel de l'auteure pour son pays. Haïti est dévasté, aux prémices de l’année 2010 par un tremblement de terre d’une violence inouïe.

Puis un mardi

à l’aube d’une année

encore tapie sous les décombres

tu es partie sans dire adieu 

     Mais Evelyne Trouillot ne laisse pas ses mots aller sur les chemins du désespoir ou d’un chagrin sans fond. Dans le soleil des flamboyants, dans les cris et les rires des enfants elle puise les couleurs bleues et vertes de son île pour l’arroser d’espoir et de certitudes. 

Un jour en vaut un autre

mes rires harcèlent nos larmes

corps à corps enivré

malheureux

indécis

de l’humanité

jubilante et fébrile

face à la vie 

     Quand on a tout perdu il reste les mots d’Evelyne Trouillot. Elle les jette, les façonne, les tord pour en extraire le baume qui pansera les plaies de sa terre, ses mots se font suture pour cicatriser les béances et refermer les failles. Evelyne Trouillot croit en la force de son pays, elle croit en la poésie qui peut rassembler un peuple, lui donner le souffle et l’énergie pour croire en des jours meilleurs. 

Le poème prend ma détresse

et la tords en jets de douleur

éblouissante

si proche du cœur

que son frémissement

se mêle

aux murmures des oiseaux

et mes pleurs impudiques

s’offrent au soleil

et se mêlent au goût irrésistible

de la terre 

     La poésie d’Evelyne Trouillot est un cri du cœur, un tumulte qui surgit des profondeurs pour laisser éclater sa foi et son espoir d’une vie possible et heureuse en Haïti, des mots « lézardés, ébréchés, cabossés » qui m’ont agrippée et bouleversée.

 

      Editions Bruno Doucey -janvier 2014-

    Collection Embrasures "Ouvrir à tous la porte de la poésie sans en perdre l'incandescence"

 

    Merci aux éditions Bruno Doucey et à leur poésie enchanteresse, merci à l'opération Masse Critique de Babelio.

      Miss Haïku a reçu Un trou énorme dans le ciel de Jean-Pierre Luminet, livre de cette même collection.

 

 

     

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20 février 2014 4 20 /02 /février /2014 09:30

     Haiti-1.jpg        Pour le rendez-vous en poésie d'Asphodèle, je propose aujourd'hui un extrait du recueil de Evelyne Trouillot Par la fissure de mes mots. L'auteure vit en Haïti où elle enseigne et anime des ateliers d'écriture. Ces textes ont été écrits après le séisme de janvier 2010 et se situe "à mi-chemin entre décombres et étoiles".

 

 Promesses

J'en ai marre des bras qui violent

l'espace

zigzag rouge et honteux

de malheurs qui volent trop bas ou trop haut

et cachent leurs becs

des fleurs qui s'entêtent dans la décadence futile

des amours pathétiques

 

Je suis fatiguée de chercher un sens

aux couleurs des mots

de voir les douleurs trop nombreuses

prendre mes chansons préférées par les tripes

j'en ai marre d'essuyer les bris d'orage

 

D'oublier qu'il faut compter les heures de la nuit

pour voir le jour

et qu'il n'est jamais trop tard

pour que la morsure fasse encore mal

je suis fatiguée des envies

qui passent dans ma rue

sans voir la montre qui sautille

incessante et narquoise

 

Je veux des éclats de rire absurdes et éternels

des bras toujours parés pour l'accolade

des grands retours

des mains d'océan en cascades

et des réveils d'enfants heureux

des sourires inutiles de folie pleine

et de promesses impossibles

à tenir

 

Chez Asphodèle poésie du jeudi


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6 février 2014 4 06 /02 /février /2014 07:11

     petites-choses.jpg

 

      Jardinier des mots

le poète sème ses espérances

dans les sillons du temps.

--------

Sous le regard froid des étoiles,

dans le silence bleu de ce long hiver

les oliviers centenaires

resserrent un peu plus leurs bras.

--------

Une fumée s'échappe

de la maison au bord du bois.

et les arbres alentours

s'émeuvent de reconnaître

l'odeur du vieux chêne

qu'ils côtoyaient autrefois.

 

Extraits de Petites Choses

  éditions de la Renarde Rouge -RR- 4ème trimestre 2011

Gravures de Titi Bergèse

 

Chez Asphodèle poésie du jeudi

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23 janvier 2014 4 23 /01 /janvier /2014 00:00

Chez Asphodèle poésie du jeudi

Voici ma première participation au 'Jeudi en Poésie' initié par ASPHODELE.

La poésie prend une part de plus en plus large dans mes lectures; mes goûts en la matière sont éclectiques et changeants. Ils se nourrissent de prose et de vers, de sonnets et de haïkus, de ballades et de 'gwerzioù'.


Pour ce premier rendez-vous, j'opère un retour en arrière sur la semaine de poésie et la deuxième édition du festival  Moi les mots qui a décoiffé la petite ville de Landivisiau les dernières semaines de l'année 2013. Parmi les poètes invités figurait Jean-Pierre Siméon, directeur artistique du printemps des poètes.

 

Eloge de la vieillesse


J'aime les très vieux

assis à la fenêtre

qui regardent en souriant

le ciel perclus de nuages

et la lumière qui boite

dans les rues de l'hiver 

 

j'aime leur visage

aux mille rides

qui sont la mémoire des mille vies

qui font une vie d'homme

 

j'aime la main très vieille

qui caresse en tremblant

le front de l'enfant

comme l'arbre penché

effleure de ses branches

le sommeil d'une rivière

 

j'aime chez les vieux

leur geste fragile et lent

qui tient chaque instant de la vie

comme une tasse de porcelaine

 

comme nous devrions faire nous aussi

à chaque instant

avec la vie

 

Jean-Pierre Siméon

ICI

Cheyne éditeur- poèmes pour grandir (premier trimestre 2009)

 

A votre tour, mettez de la poésie dans votre quotidien et attrapez la lumière des mots!

 


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3 juin 2012 7 03 /06 /juin /2012 00:00

  fleurs-2.jpeg

 

Bouquet

 

Elle trouvait

les lys

trop lisses

et les lilas

trop las

 

Elle trouvait

les muguets

trop gais

et les ombelles

trop belles

 

Elle trouvait

les coquelourdes

trop lourdes

et les campanules

trop nulles

 

Il lui offrit

un bouquet

de simples.

 


remontants                 Remontants et ricochets

                                   Jean-ClaudeTouzeil

 


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11 décembre 2011 7 11 /12 /décembre /2011 09:47

xavier-grall.jpeg

Xavier Grall

(22 juin 1930- Landivisiau-- 11 décembre 1981- Quimperlé)


Ecoute ta maison

A la pierre des heures

Lumière dira bonheur

Le vent la déraison

 

Hurle vent

Hurle peine

Lentement

Le temps

S'amène


Hiver de mes peines

Printemps résonne

Automne nizonne

Eté s'amène 

 

Pluie murant tristesse

Soleil gâchant liesse

Pierre maçonne demeure

L'ombre bâtit les heures

 


      Pour marquer le trentième anniversaire de la mort de Xavier Grall et rendre hommage à ce poète écorché par la pierre et les vents bretons, la ville de landivisiau et ses partenaires créent le festival "Moi les mots", une semaine dédiée à la création artistique. Une pluie de mots et de poésie s'abat sur la ville du 10 au 16 décembre 2011.

(pour découvrir le programme cliquez sur "Moi les mots")

      Sylire et  la bibliothèque Xavier Grall  de Landivisiau parlent de ce rendez-vous.

moi-les-mots.jpeg

 


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2 décembre 2010 4 02 /12 /décembre /2010 10:48

fugue.jpeg

 

 

  Ar foeter-bro


      La fugue bretonne est un recueil de plus de cinquante étapes rédigé par un poète flâneur qui se laisse porter par ses pas et son cœur.

Il en résulte une poésie très sensorielle où le nom de chaque ville ou village traversé devient le titre d’une courte nouvelle.

     Les pas du barde résonnent sur le granit des pierres, s’enfoncent dans les herbes humides et crissent sur le sable des grèves. C’est une poésie côtière qui se nourrit d’embruns et d’oyats, une poésie des champs qui débouche derrière les talus ou les menhirs.

  « A l’école des talus ou à l’école des renards, toute caillasse devient campagne. Eclat de roche, galet moussu, silex ignoré par les tâches nobles, qui seront là, discrètement nichés, retenant la terre fugitive pour les siècles à venir. »

   C’est une poésie de rencontres ; la femme, l’homme croisés se délestent de deux mots, parfois trois puis continuent leur chemin, discrets et modestes.

  «  Ces paroles énoncées, l’homme aux chiens s’éloigne sur la lande, avant de me lancer de loin un signe de la main. Je reste assis sur un rocher, un œil sur les chevaux, une main sur l’épaule du monde. Les falaises ruissellent sous le flux, pendant que je cherche avec qui partager cet amour. »

Sa poésie est une caresse pour « les rochers galbés » et la jeune fille qui parfois l’accompagne.

  « Quand début mai soufflera sur ton visage, tu te souviendras de tout cela. D’ici là, je ferai  provision d’autres paroles dans ta langue. Jamais très loin de moi, il y a ce feu entretenu, ces oiseaux voyageurs allant vers toi, un poème au creux des ailes. »

   Sa poésie est un baiser oublié sur les sentiers qui se referment derrière lui.

   Sa poésie est instantanée et au bout des mots annonce un ciel changeant ou un cri d’oiseau.

   Sa poésie affleure et ne s’attarde jamais en chemin.

   Sa poésie est toute en couleurs « mates et sourdes ».

   Ahmed Kalouaz n’est pas breton, mais la Bretagne est un pays où il se sent bien. Dans la fugue bretonne, il se lie avec toutes les Bretagnes : la Bretagne maritime et champêtre, la Bretagne des pardons et des légendes, des saints et des pierres, de la bruine et du souffle, des oiseaux et des silences.

  « En ce matin nouveau, il est au bout d’un temps où l’on rêve encore parfois de s’éveiller sur une bouche douce. D’attendre le miracle toute une nuit, avant de suivre du regard, aux cils de l’aurore, une étoile qui s’éloigne. »

 

   Sa poésie est à boire directement au goulot de sa prose.


Le bruit des autres- février 2007


Merci à l'auteur pour cette fugue merveilleuse.

 

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