Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 00:00

kittur

 

 

  Kittur est une ville imaginée par l'auteur et située dans le sud-ouest de l'Inde au bord de la mer d'Oman. C'est dans cette ville que  l'auteur a repéré et épinglé les 14 ombres de son recueil.  Aravind Adiga nous guide dans les rues de la cité comme le ferait un guide touristique. Mais foin des belles plages, des éléphants ou des saris multicolores, le touriste-lecteur s'assomme contre la misère, la saleté, la pauvreté, rebondit de corruption en débauche, de vols en attentats.

   Vous démarrerez votre périple à la gare et tomberez peut-être sur Ziauddin, "le petit garçon couvert de poussière" qui prépare le thé et sert les samosas sous l'oeil bienveillant d'un ivrogne.

   Vous continuerez par le port pour vous trouver à l’usine de brodeuses de chemises d’Abbasi qui résiste et refuse la corruption qui gangrène toutes les institutions.

   Une pause au Bunder pour un curry de crevettes et vous pourrez vous aventurer à Lighthouse Hill où Xerox vient de se faire arrêter pour copies illégales et vente des Versets Sataniques.

  Près des échafaudages de la cathédrale, George pense avoir trouvé sa princesse, une femme riche qui l'emploie pour démoustiquer son jardin.

   La rencontre avec la petite Soumya va vous serrer le coeur. Elle va, dans l’espoir gratifiant des câlineries de son papa, traverser la ville en traînant son petit frère pour mendier dans le quartier des riches et ramener la drogue dont son père à besoin.

 

   

   L'auteur nous donne à voir l'Inde multiple entre sous-développement et modernité: le désespoir du pauvre et la morgue du riche;

"Tu sais quelle est la plus grande différence entre les riches et les pauvres comme nous? Les riches peuvent commettre des erreurs encore et encore. Les pauvres , à la moindre erreur, ils perdent tout."

le système de castes qui perdure dans l'organisation de la société; le travail des enfants; la mendicité; le ravage de l'alcool et des drogues; la multiplicité des langues et des religions;

"A la lisière de la ville se dressaient, l’un après l’autre, un minaret, un clocher d’église, une tour de temple, comme autant de panneaux indicateurs pour signaler les trois religions de la ville aux voyageurs venus de l’océan. "

   Aravind Adiga écrit avec une grande précision comme s'il voulait compenser ainsi l'ignorance du touriste-lecteur de l'histoire et des coutumes de son pays. Le plan de la ville, la chronologie historique de Kittur et de l'Inde,le glossaire de fin de livre sont des supports nécessaires pour se glisser dans les 14 nouvelles.

   Je suis sensible à la façon originale dont l'auteur présente son recueil, il a mis beaucoup de soin à concocter pour le lecteur un lieu et un temps pour se familiariser avec l'Inde contemporaine. Il coule de ces 14 portraits l'authenticité et l'acuité d'un regard sans concessions qui cinglent avec force le lecteur.

 

éditions Buchet Chastel - juillet 2011-

traduit de l'anglais (Inde) par Annick Le Goyat.

 

Merci aux éditions Buchet Chastel et à Babelio.

Partager cet article

Repost 0
Published by Fransoaz - dans roman étranger
commenter cet article

commentaires

Marie 12/12/2011 14:07

Ce titre aussi me tente bien... mais après les fêtes ! Pour l'instant j'ai besoin de récits un peu plus lumineux et optimistes... :-)

Fransoaz 15/12/2011 11:21



Attendre le bon moment pour se perdre dans les ombres de l'Inde!


 



Malika 30/10/2011 09:10


J'avais beaucoup aimé son regard lucide et son récit immorale dans un "Tigre blanc".
Ce livre m'a l'air tout aussi intéressant mais le côté "recueil" ne me convient pas ...je préfère les histoires qui sont liées ...


Fransoaz 02/11/2011 17:05



Je me souviens que tu n'es pas vraiment une adepte des nouvelles.


Un auteur très intéressant de toutes les façons!



amaryllis 29/10/2011 08:44


Depuis que j'ai dévoré Le sari rose, je suis justement à la recherche de lectures indiennes. Cette lecture fait penser à reportage photo avec ces différents personnages rencontrés.


Fransoaz 02/11/2011 15:49



Il y a en effet, dans la déambulation des rues de Kittur, un peu l'esprit du reportage photo.


La couleur de ton sari me plaît !



Alex-Mot-à-Mots 27/10/2011 19:28


Un peu déçue par mon précédent roman "indien", je crains de retrouver les mêmes choses dans celui-ci. Je vais me laisser encore quelques temps avant de retourner en Inde.


Fransoaz 28/10/2011 11:59



C'est ce que l'on aime dans les romans: choisir sa destination et la personne qui nous y emmène.


Quel est le livre qui ne te donne pas envie de retourner illico là-bas?



Yv 27/10/2011 17:49


Un pays que je n'ai pas vraient exploré littérairement parlant, ni d'autre manière d'ailleurs.


Fransoaz 28/10/2011 11:57



A part les livres d'Anita Nair, je ne connais pas non plus beaucoup l'Inde. Mais je pense que ça peut changer, l'Inde prend de l'ampleur sur la scène internationale. L'organisation de la société
en castes (même si officiellement elle a disparu) est complexe et me passionne.



Lenn Ha Dilenn

  • : Les lectures de Fransoaz
  •   Les lectures de Fransoaz
  • : Lectures et gourmandises.
  • Contact

Berr-ha-berr

 

blogoclub

Pour le premier décembre

La promesse de l'aube

Romain Gary

 

challengedesnotesetdesm

Challenge des notes et des mots

chez Anne 


Challenge Nos pépites de l'année 2014/2015

Chez Sous les galets

Barzhaz

 

Chez Asphodèle poésie du jeudi

POÉTISONS

Ar Solier