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13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 11:13

le pain des reves

     Louis Guilloux nait à Saint Brieuc en 1899 dans un milieu pauvre où se pose chaque jour le souci des repas et du logement. Il se nourrit de littérature dès son plus jeune âge: Dostoïevski , Rousseau et aussi Pierre Loti, Tristan Corbière, il bénéficie d'une bourse pour entrer au lycée. Pour être en phase avec ses convictions,  il refuse plus tard cette bourse et accepte un travail de surveillant. La rencontre et l'amitié de Georges Palante professeur de philosophie est déterminante dans la vie de Guilloux. Il devient un écrivain militant qui prône le progrès d'une conscience sociale pour cheminer vers plus de liberté. 

    Toute son oeuvre est  influencée par son enfance, son amour du pays et les valeurs sociales et militantes qu'il défend.

      Le pain des rêves, récit en partie autobibliographique, est écrit en 1942 et reçoit le prix populiste. Il est adapté pour la télévision en 1974.

 

     Au début du 20ème siècle, la rue du Tonneau à Saint Brieuc est une rue mal famée où la misère et la pauvreté suintent par les pierres disjointes des maisons. C'est dans une ancienne écurie que vit le jeune narrateur avec ses frères, dont Pélo lourdement handicapé, sa mère et son grand père, qui par son travail de tailleur fait vivre toute la famille et remplace le père disparu mystérieusement.

     La mort du grand-père marque un tournant dans la vie de cette famille qui attire soudainement les services sociaux de la ville. Elle est relogée dans un petit appartement, le comble de la modernité aux yeux de l'enfant. Pélo, "le petit béquillard" est pris en charge par une comtesse et envoyé dans un sanatorium pour être soigné. La cousine Zabelle rentrée au pays avec le pauvre Michel son mari et Le Moco , son amant, renoue avec la famille. Cette personne frivole et impulsive accueille le jeune narrateur et lui fait découvrir une existence de luxe, de légèreté et d'arts mondains.

 

  Le gamin qui nous livre ses impressions, ses observations ne s'attarde pas sur la misère et la pauvreté, la crasse et l'ennui qui sévissent au début du XXème dans la rue du Tonneau. Le texte est lumineux, drôle et tout auréolé des rêves de l'enfant. Louis Guilloux utilise son talent de conteur pour faire vivre la place aux ours, son activité grouillante et bruyante. Il pose un regard émerveillé et curieux sur tout ce qui bouge et s'agite autour de lui. L'enfant se forge déjà une conscience clairvoyante des disparités entre les classes sociales et rêve d'un monde plus juste.

   "- Ah! si j'étais le roi!

Ainsi pensais-je, en rentrant à notre écurie, après la classe...

Roi, le Bonheur était mon ministre!

La paix eût partout régné. Nul n'aurait plus tremblé pour sa paillasse ou pour sa marmite...

   Au plan d'embellissement de la ville comme j'eusse travaillé! Mon règne, c'était une fête. Les riches n'étaient plus nos ennemis. J'avais converti leurs coeurs. Enfin! Enfin! Nous nous aimions! Ils ne parlaient plus de nous comme d'un opprobre, notre quartier n'était plus une verrue... Nous étions tous des hommes."

    Le pain des rêves est un très beau livre sur l'enfance; il dit l'amour, la générosité, le courage...tout ce qui constitue le luxe des pauvres.

 

Lecture commune avec Mango.

 

  Folio -1977.


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5 mai 2012 6 05 /05 /mai /2012 18:19

insurrections.jpg

 

   La future délocalisation de l'usine de sidérurgie où Antoine travaille est à l'origine de la mise en RTT forcée de ses ouvriers. Les dirigeants ont choisi de produire l'acier à Monlevade au Brésil où les coûts de production sont nettement plus bas qu'en France.

   L'interruption de son travail, la fin de son histoire d'amour avec Karima et le retour chez ses parents plongent Antoine dans une longue et obscure introspection. Il entreprend une grande descente dans les tréfonds de sa mémoire à la recherche des ombres et des silences de sa vie.

   Antoine n'a jamais su se situer sur l'échiquier de la vie, il n'est jamais là où on l'attend:

« Imposteur.

Je n’ai pas les mains qui vont avec les choses.

J’ai eu beau toute ma vie essayer. Rien à faire. Il y a quelque chose qui ‘ne colle pas’ entre moi et le monde, moi et ce que je vis. Et je ne sais pas ce que c’est.

Je suis à côté. Toujours à côté. »

  Sa rencontre avec Marcel, le bouquiniste, voisin de marché de sa mère, va lui faire toucher du doigt quelque chose d’essentiel. Délesté du poids du conformisme, éclairé par la vie des autres "moi j'avais besoin de gens qui cherchent, pas de ceux qui ont l'air d'avoir déjà tout trouvé", Antoine cherche le chemin de sa rédemption.

 

  

      Antoine est devenu ouvrier, dans l'usine où travaillait déjà son père, par défaut.  Cet ovni, ce modèle réduit -comme il se qualifie lui-même- n'a pas réussi à trouver sa voix, il a la rage chevillée au corps et elle ne génère rien de positif.

    Antoine s'envole pour le Brésil afin de rencontrer les ouvriers de Monlevade, ces "voleurs de travail". Il découvre que la situation est la même qu'en France: des ouvriers reconnaissants envers Lusine mais qui se battent pour des conditions de travail décentes, des dirigeants en quête de nouveaux investissements, aiguillés par le gain et des marges toujours plus juteuses. En marge de son intérêt pour le pays et ses ouvriers il fait la connaissance d'une jeune fille,Thaïs et tombe amoureux.


     Les insurrections régulières est un livre dans l'air du temps qui s'abreuve dans la mondialisation ambiante, Jeanne Benameur écrit à la dernière page de son livre s'être inspirée de la réalité d'Arcelor-Mittal qui ferme ses ateliers en France et investit au Brésil.

     Jeanne Benameur choisit avec grand soin les mots qu'elle ordonne dans des phrases courtes et percutantes. J'ai aimé la quête identitaire de cet homme qui m'a rappelée celle d'un autre Antoine dans Les hommes sirènes. La seconde partie du roman, la partie brésilienne m'a déçue. Je n'y n'ai pas retrouvé la personnalité attachante et bienveillante de Marcel mais plutôt un instigateur peu crédible empiétant sur les plates-bandes d'Antoine.


éditions ACTES SUD - mai 2011

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18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 20:39

la-liste-de-mes-envies.gif

     Lorsque la propriétaire de la petite mercerie meurt en avalant un bouton en ivoire, Jocelyne, l'employée, accepte de reprendre la petite boutique. Jocelyne vit à Arras, petite ville où rien d'important ne se passe. La clientèle est clairsemée: des étiquettes pour la rentrée des classes, des patrons de déguisement à Noël... alors Jocelyne tricote et papote avec ses amies jumelles Danièle et Françoise les coiffeuses. Elle écrit chaque jour sur son blog dixdoigtsdor "à propos du bonheur du tricot, de la broderie, de la couture. J'y fais découvrir des étoffes, des laines; les rubans pailletés, velours satin et organdi;"

     Son mari Jocelyn (une chance sur des millions qu'une Jocelyne épouse un Jocelyn!), travaille à Häägen-Dazs, rêve d' un écran plat et de l'intégrale de James Bond. 

     Jocelyne finit par répondre aux sollicitations de ses amies et accepte de remplir une grille de la loterie nationale. Le jour où elle gagne, elle se demande si le bonheur est au bout de ce chèque et elle attend avant de l'encaisser.

 

     Dans La liste de mes envies Grégoire Delacourt se glisse dans la peau d'une femme de 47 ans, une femme modeste aux ambitions et aux rêves mesurés. Le jour ou elle tend les 2 € au buraliste contre un billet de l'Euro Millions elle réalise une petite extravagance qui ne lui correspond pas vraiment. Cette manne de dix-huit millions lui donne le vertige et fidèle à sa ligne de vie elle va réfléchir avant d'encaisser cette somme et d'attraper la maladie qu'elle génère.

       Elle va confronter sa vie réelle à ce qu'elle pourrait devenir si elle était riche. Elle redoute le délitement de sa vie, de sa relation aux autres. Elle tient le champ de ses besoins, ses envies, ses folies à distance.

      Une histoire plus profonde qu'il n'y paraît  où l'amitié et la solidarité féminines se heurtent à la bassesse masculine. 

        Je ne doute pas que la liste de vos envies s'élargisse avec le souhait de découvrir la joliesse de cette histoire et le désintéressement de cette femme.


 

éditions JC Lattès - février 2012 -

 


 

  

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13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 10:03

nagasaki

      Shimura-san est un célibataire de 55 ans qui vit seul dans sa maison de Nagasaki; la télévision, la lecture, les réflexions sur le vieillissement de la population et la robotique occupent les loisirs de ce météorologue.

      Les premiers soupçons de Shimura-san naissent lorsqu'il remarque la disparition, dans sa cuisine,  de certains aliments qu'il est certain d'avoir achetés. Muni d'une règle graduée, il part à la recherche d'indices pour étayer ses doutes.

    Les dépressions cycloniques, les typhons ne suffisent pas à le détourner de cette idée fixe: quelqu'un s'introduit dans sa maison lorsqu'il s'en éloigne et utilise ses provisions.

   Pour en avoir le coeur net, il installe une webcam qu'il active durant ses heures de travail. Ce piège lui permet de poser l'oeil sur l'intruse et d'alerter les services de police qui viendront la cueillir chez lui.

 

    Eric Faye part d'un fait divers pour écrire cette non-rencontre entre deux personnes fragilisés par la vie. Shimura-san est un homme quelconque, fade enchaînant immuablement et méthodiquement le quotidien de ses journées; la femme qu'il héberge a subi le naufrage de sa vie antérieure et semble trouver dans cette maison de l'apaisement:

« Oh ! Peu lui importait à cet instant précis, de n’avoir ni charme ni jeunesse, je le savais bien. Elle était seule, croyait-elle, et tout à son enchantement. Les yeux toujours à demi-fermés, elle souriait. Et je me suis dit alors elle doit souffler, se remettre qui sait de quelles peurs et souffrances. »

      Dans l'exiguïté de sa cellule, la clandestine devient la narratrice pour expliquer son intrusion. C'est un moment intense et émouvant que celui des révélations.

    Eric Faye ouvre son récit en pénétrant, presque par effraction lui aussi, dans la vie de cet homme et s'éclipse très vite en laissant le lecteur poursuivre ses réflexions et imaginer le parcours futur de ses personnages.

     Une histoire sobre et marginale qui se penche sur la solitude morale et physique des individus et qui décrypte notre relation avec notre maison, notre "home sweet home".

     Une  interprétation toute en finesse d'un fait divers commun dans une ambiance nipponne réaliste et contemporaine.

 

éditions Stock- novembre 2010-

 


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4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 10:56

ignorants-.jpg

    Étienne Davodeau, auteur de bandes dessinées, aime le vin mais ne sait rien du long processus nécessaire avant que le précieux breuvage ne coule dans son verre

        Richard Leroy est vigneron, il exerce son métier avec l'amour et la perfection du passionné. Il ne lit pas beaucoup de bandes dessinées  et ne connaît pas le monde de l'édition.

         Ces deux amis posent sur la table de leur ignorance une année entière pour échanger leurs connaissances et entrer dans leurs domaines respectifs. A la fin de l'année, le dessinateur/scénariste sera un bon amateur de vins, le vigneron un lecteur éclairé et critique de bandes dessinées. Le but de cette rencontre, de ce partage n'est pas d'inverser les rôles, nous ne sommes pas dans un remake de "on a échangé nos métiers", mais un souci d'altruisme qui tient de l'amitié et du respect. Étienne et Richard ont eu le courage de la déstabilisation en se glissant dans des situations inconfortables et méconnues.

      Ces existences parallèles étaient faites pour se rencontrer et les analogies qu'ils relèvent entre leurs deux métiers sont nombreuses:

"- La barrique est un très bon outil de vinification. Mais il ne faut pas que son bois marque trop mon vin. Je cherche disons...une neutralité active et bienveillante, tu vois?

- C'est comme le papier qu'on a choisi pour mes derniers bouquins en couleurs. Il est un peu ivoire. Il fausse donc mes teintes. mais c'est ce que je veux et je l'anticipe."


     On parcourt la France, du Jura à la Corse en passant par le bordelais et Saint Malo pour rencontrer les vignerons, goûter du vin, explorer les salons de bandes dessinées, une petite incursion en Belgique pour rendre visite à l'imprimeur. On a le droit de ne pas aimer certains bons vins de préférer des petits vins moins chers; on a le droit de ne pas goûter le style de certains dessinateurs, encensés pourtant par la diaspora des bulles.

        Richard n'est pas un viticulteur lambda, il va jusqu'au bout de ses convictions, écoute la nature et reste au plus près d'elle; il utilise la biodynamie qui privilégie les calendriers lunaire et planétaire, les macérations naturelles. Il produit un vin bio mais refuse de poser l'étiquette AB sur ses bouteilles "...moi, je veux que les gens viennent à mes vins uniquement parce qu'ils les aiment"

     Le dessin est bien maîtrisé, toujours à hauteur d'homme. Le trait précis et réaliste ne s'embarrasse pas de couleurs.

      A déguster lentement, le garder longtemps en bouche afin d'exhaler toute la convivialité de ce bon cru.

ignorants 3

 

éditions Futuropolis- octobre 2011-

 

D'autres avis chez Choco.



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29 mars 2012 4 29 /03 /mars /2012 00:00

le-roi-n-a-pas-sommeil.jpg

      Mary et William Hogan vivent à Haven bourgade de 2000 habitants dans le sud des Etats Unis. William est un forcené du travail et accepte en complément de son activité à la scierie de remplir les petites fiches vertes des procès en cours, au commissariat local. Ils vivent dans une propriété superbe et profitent d’une nature généreuse.

       « La vue sur la propriété le pétrifia. Devant s’étendait un paradis sur terre, une étendue boisée criblée de clairières, de petits étangs abandonnés et de monticules rocheux. Des animaux filaient entre les arbres, il n’eut pas le temps de mettre un nom sur chacun d’eux. Les rayons du soleil perçaient la nature, renvoyaient des reflets verts et jaunes sur la façade de la maison. » 

       Leur fils unique, Thomas est un enfant fragile et calme. A l’instar de sa mère il craint son père, ses accès de violence et regrette son manque de bienveillance. Il a une relation fusionnelle avec Mary, sa mère.

      

 

   On suit le parcours de Thomas dans le cheminement qui le propulse de l'enfant malingre et chétif au jeune adulte bien bâti qui impressionne.

    "Thomas était trop chétif, trop rêveur pour tenir la propriété en état et assurer les vieux jours de ses parents." 

   Mais quelques années plus tard:

   " Son corps avait pris de l'assurance, lui non. Son âme ressemblait à un miaulement sorti d'un bunker. Thomas n'était pas encore un homme, il lui manquait l'art du crachat et une tripotée de jurons, mais on ne se moquait pas."

      L'écriture est nerveuse, rapide, elle va à l'essentiel, la tension monte tout au long du roman. Les premières pages esquissent le malheur qui touche les Hogan et met le lecteur en alerte . On est dans l'expectative du drame mais lorsqu'il se produit on ne comprend pas. Que s'est-il passé? Quand exactement le ver s'est-il glissé dans le fruit?

    Les réponses plausibles sont nombreuses mais l'auteure laisse le lecteur se faire sa propre opinion et ne l'aide pas à trancher.  

    Cécile Coulon est talentueuse, avec quelques rondins de bois et des cris d’oiseaux, des rideaux de sapins et des mares d'eau fraîche elle crée de sublimes paysages et soude son roman à la nature foisonnante américaine. 

 

éditions Viviane Hamy- janvier 2012-

 

les avis de Moustafette (merci) et de Clara.

 


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18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 15:52

bon-retablissement.jpg

     Jean-Pierre Fabre, 67 ans, ne se souvient pas de l’accident qui l’a conduit au service réanimation de l’hôpital. Un jeune homme a réussi au moyen d’une gaffe à lui tenir la tête hors de la Seine, où il était tombé. Intubé, plâtré il se retrouve pendant de longues semaines au service orthopédique.

     Pour faire passer le temps, « je n’ai pas vu passer le temps. Je l’ai bien senti passer, par contre » il observe le microcosme hospitalier qui s’agite autour de lui à heures fixes. Le neurologue « déprimé de la vie », le chirurgien   « elle dit "le chirurgien" comme elle dirait Dieu» et ses étudiants, le kiné sympa qui « mouille sa chemise encore plus que moi », l’infirmière et ses « délicatesses de brancardier » l’urologue pressé.

« Infirmières, aides-soignantes, médecins de tous acabits et – Dieu d’entre les Dieux dans cet Olympe en blouse- mon chirurgien de loin mon préféré. »

      Penché sur le lit du convalescent, on trouve aussi le jeune policier chargé de l’enquête et qui continue ses visites même lorsque l’enquête est close, Camille, son sauveur, qui se prostitue pour payer ses études, une gamine de 14 ans qui s’intéresse à la signification des prénoms et lui emprunte son ordi pour consulter sa page facebook, son frère, sa belle-sœur qui le remet entre les mains de Dieu, son ami de jeunesse Serge qu'il vient de retrouver sur « potes de naguère ».

 

       Marie-Sabine Roger choisit encore de s’intéresser à des gens simples, les voisins de palier, les gens que l’on croise au supermarché et qui avancent dans la vie sans bruit, sans faire de vagues. Son héros pose un regard interrogateur sur les pratiques de l’hôpital où le soigné est infantilisé. Il est soumis au bon vouloir du soignant et son intimité est bafouée.

    Ce presque sexagénaire profite de cette parenthèse non voulue pour revenir sur ses souvenirs d'enfant, d'ado puis d'homme actif: "c'est peut-être la perspective de l'échéance qui pointe son museau, qui me donne envie de refaire le chemin à l'envers. Je dis ça comme ça, je n'en sais rien, je n'ai pas l'expérience. C'est la première fois que je suis vieux." Jean-Pierre a beaucoup d’humour et de dérision, il est grinçant parfois . Il aime sa petite vie tranquille de veuf en retraite et n’aime pas les intrusions qui l'obligent à transiger.

       Une fois encore Marie-Sabine Roger, se démène et s’active pour rendre les gens plus heureux, ce qui manque cruellement à un de ces personnages peut se trouver en abondance chez un autre. Elle tisse des liens éphémères ou durables entre eux.

        Un livre à glisser dans les tables de nuit des chambres d’hôpitaux et même dans les grandes poches des blouses blanches des soignants.

     Bon rétablissement ne soigne pas mais il peut adoucir les plaies et les maux!

 

La brune aux éditions du Rouergue- mars 2012-


Le billet de Clara que je remercie pour le prêt.

 


 

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14 mars 2012 3 14 /03 /mars /2012 10:24

IsidoreTiperanolecouvrecad.jpg

        Même les plus anciens d'entre nous ne peuvent se souvenir du temps jadis où Montceau-les-Mines était une petite ville magnifique et prospère. Ses grandes maisons majestueuses qui longeaient la Bourbince étaient serties de pierres précieuses. Cette cité fabuleuse était administrée par la belle et élégante hermine, la reine Hermangarde.

       Trois frères lapins, Arthur, Théobald et Justin habitaient ce lieu paradisiaque et leur réussite sociale faisait la fierté de leurs parents Mr et Mme Lapaimbot. L'aîné était gendarme et la feuille de chou locale "le coup du lapin" regorgeait de ses exploits. Le cadet vendait des glaces, des icecream, il inventait de nouveaux parfums et on venait de très loin pour les goûter. Le benjamin de la famille Lapaimbot était timide et s'épanouissait dans la création poétique, Justin était troubadour.

        La seule épine qui poussait dans ce jardin d'Eden était l'amour concurrent que portaient les trois frères à la princesse Ermelinde.

        Ils mirent au point chacun de leur côté différents stratagèmes pour gagner le coeur de l'élue. Mais Isidore Tiperanole, concierge de la reine, affublé d'une tête de crocodile sur un corps de gorille veillait au grain.

         Armé de son redoutable mousquet et obsédé par la fuite du temps, Isidore Tiperanole est prêt à en découdre. Qui sera le plus malin?

 

      

        Le texte de Pierre Thiry est drôle, fantasque, imagé.  Il est truffé d'anachronismes, de jeux de mots, de poésie car la rime a une place de choix à Montceau-les-Mines.

"N'imaginez pas qu'on lape un lapin malin

Comme un bol de cacao le matin.

Il faut d'abord prendre le temps.

Respirer, savourer ce temps

Qui vous fuit depuis si longtemps,

Laissez donc s'écouler le temps..."

 

        Les dessins sont naïfs, colorés, assez enfantins, ils manquent un peu de fantaisie, les vêtements étriqués des personnages ne leur laissent pas beaucoup de liberté dans leurs mouvements. Mis à part le beau dessin de la couverture, l'environnement naturel de la petite ville n'est pas assez représenté.

 

       Un  conte jeunesse  intelligent qui prend les enfants pour de vrais lecteurs capables d'apprécier la poésie des mots et des situations et la sensibilité qui s'en dégage.


       Livre auto-édité - août 2011-


       merci à Pierre Thiry.


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10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 12:24

il-la-regarde.jpg

    Antoine, journaliste à La voix du Nord a depuis longtemps coupé les ponts avec ses racines bretonnes, familiales ou amicales. Après ses études à l'école de journalisme, il s'est intallé à Lille et s'est spécialisé dans la critique cinématographique.

    Lors de vacances estivales il reprend la route de la Bretagne et séjourne à Trébeurden dans la vieille maison familiale. C'est là qu'il aperçoit Anne et sa fille Sara... La vision de cette femme qui regarde son enfant tournant sur le petit manège le bouleverse et ne le quitte plus.

     De retour à Lille, sa ville d'adoption, il découvre avec surprise la photo de cette femme dans un exemplaire d'Armor magazine. Une correspondance un peu décousue et irrégulière démarre entre eux-deux. Mais Anne est avare de confidences, le mystère qui nimbe cette femme semble prendre ses racines dans la douleur et la déchirure. Antoine multiplie les allers-retours entre Lille et Paimpol mais ses espoirs sont déçus Anne, insaisissable, ne se livre pas.

 

    Le livre de Alain Chopin est divisé en trois parties auquel il donne les prénoms de femmes: Anne, Lieve puis Sara. La première partie consiste essentiellement en de longues descriptions qui deviennent ennuyeuses car trop détaillées. Heureusement la fougue, l'enthousiasme de Lieve, dans la seconde partie - une jeune femme rencontrée dans une librairie lilloise lors de la sortie de son livre "Sur les traces à demi effacées des salles disparues" - donnent plus loin un peu d'allant et de vivacité au texte. On est enfin dans la troisième partie et l'histoire démarre vraiment.

       La plume de Alain Chopin est lente, il semble puiser dans les nombreuses répétitions et dans la surcharge de détails l'énergie que cherche Antoine, son héros, lorsqu'il multiplie les tours de la grande place à Lille avant de prendre la route de la Bretagne.

      Il la regarde est très loin de tous les poncifs que l'on trouve parfois lorsqu'on évoque la Bretagne. Alain Chopin s'attarde avec bonheur sur les bords du Trieux où il guette la silhouette figée et altière des hérons "Voir des hérons l'apaisait, les voir voler, les voir pêcher, les regarder tourner".

      Alain Chopin met beaucoup d'application dans l'écriture mais au détriment de la fluidité, ça manque de naturel et de spontanéité.

"La syntaxe de sa réponse s'enroulait sur ses courbes rondes, sur la douceur de ses seins."

"Il aimait cette phrase, son rythme. Anne lui avait fait remarquer que c'était un alexandrin, un trimètre romantique"

      Dans la deuxième partie, l'histoire de Anne et Antoine s'enlise et fait du surplace, l'auteur doit créer un nouveau personnage, donner une nouvelle direction à son récit. 

         Entre le Nord et l'Ouest de La France, Alain Chopin sillonne des paysages, des villages, des rues et des commerces atypiques. Il nous montre la France oubliée, la France quotidienne celle qu'aime photographier Depardon: "J'ai pris le risque de déplaire à ceux qui ne reconnaîtront pas leur région et de réjouir ceux qui apprécient un regard singulier ancré dans une histoire, un parcours."

       J'ai beaucoup de sympathie pour ce livre, malgré quelques maladresses ou peut-être à cause de cela.

 

éditions dialogues- mars 2012

 

Je remercie Babelio et Laure-Anne Cappellesso des éditions dialogues.

 

babelio.jpeg

 

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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 00:00

lady-susan.jpg

 

     Lady Susan est une veuve de 35 ans très jolie qui émoustille encore la gente masculine. Après avoir semé le trouble dans l'entourage de la famille Manwaring en raillant les unes en charmant les autres, elle rejoint la propriété de son beau-frère Monsieur Vernon qui vit à la campagne.  

     Lady Susan n'a de cesse de mettre sa belle-soeur, Lady Catherine et le frère de celle-ci, Reginald de Courcy dans ses bonnes grâces. Elle essaie d'inverser leur mauvaise opinion à son égard en usant de ses charmes. Reginad de Courcy tombe dans ses rets alors que sa soeur garde sa lucidité et reste méfiante.

     Lady Susan se montre injuste et indigne envers sa fille de seize ans, Frederica, qui est très éprise de Mr Reginald de Courcy, mais qui lui préfère la compagnie de sa mère.

     Lady Susan souhaiterait unir sa fille à Sir James Martin, jeune homme riche mais stupide, projet qui effraie Frederica.

 

     Le court roman de Jane Austen est un roman épistolaire. Nous comprenons progressivement les manigances de la jeune veuve par les missives qu'elle envoie à son amie intime Mme Johnson. Nous suivons aussi la correspondance de sa belle-soeur, Lady Catherine, lorsque celle-ci s'entretient avec sa mère Lady de Courcy.

     Jane Austen dépeint les frasques de la bourgeoisie anglaise à l'époque Georgienne en racontant l'histoire de cette veuve désargentée et sans scrupules qui fait ployer son entourage pour assouvir ses desseins.

       Lady Susan est une manipulatrice expérimentée. En amitié, comme en amour elle est une vraie pique-assiette, elle s'impose aux autres et se sert en fonction de ses besoins.

     La cruauté, le cynisme de cette femme et de son amie font le sel de ces lettres qui se décachettent avec le sourire au détriment de l'intégrité des de Courcy et de l'innocence de Frederica.

     On suit sans déplaisir le parcours de cette mentore matrimoniale en se demandant  quels mensonges, quelles bassesses, quelles vilénies elle inventera encore pour arriver à ses fins.

 

Editions folio-mai 2010-

 

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